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Baisse des émissions de CO₂ : le coronavirus en est-il la cause ?

25% c’est le taux de réduction des émissions de dioxyde de carbone en Chine. Alors, coronavirus ou pas ? Quels impacts cela va-t-il avoir sur le marché ? On fait le point avec vous.

9 mars 2021

Une baisse importante des émissions de CO₂ en Chine

Vous n’avez pas pu passer à côté ce dernier mois, tout le monde en parle et la propagation du nouveau coronavirus a pris une ampleur considérable. Et comme tout n’est jamais tout blanc ou tout noir, les autorités chinoises, dans l’optique d’enrayer la propagation du virus ont mis en place un système de quarantaine ce qui a entraîné des réductions de 15 à 40% de la production des principaux secteurs industriels selon Carbon Brief. Ce dernier ajoute également que ce recul de l’activité industrielle aurait permis de diminuer d’un quart les émissions de CO₂ dans le pays depuis le début du mois de février. Ce qui est d’autant plus surprenant car généralement, cette période-là correspond à la reprise des activités après la fête du Nouvel An chinois.

Des images satellites de la NASA montrent également une baisse de la concentration de dioxyde d’azote (NO₂) dans l’atmosphère. Cette baisse a d’abord été observée près de Wuhan, ville où s’est déclenchée l’épidémie, puis s’est peu à peu étendue à d’autres régions de Chine. Les dates concordent avec le début de la période de quarantaine déclarée en Chine.

Il semble donc que le début de la période de baisse des émissions de CO₂ concorde avec l’arrivée du nouveau coronavirus.

offre d'énergie renouvelable

Des industries fonctionnant à plein régime

Quelles conséquences sur les prix de l’énergie ?

Eh bien tout simplement, nous assistons à une baisse des prix de l’énergie. Il s’agit d’une baisse notable sans être d’une ampleur exceptionnelle pour le marché mondial pour le moment. Néanmoins, cette baisse se marque sur les prix des prochains mois et pourrait se pérenniser.

Il faut savoir que chaque pays fait le choix de son propre mix énergétique, certains ont fait le choix de privilégier par exemple le charbon (ce qui est le cas de la Chine), ou le nucléaire (ce qui est le cas de la France) estimant qu’ils préféraient émettre du CO₂ plutôt que de subir les risques du nucléaire.

Aussi, avec le ralentissement de l’activité économique due au coronavirus, les consommations d’énergie baissent fortement en Chine. Ce pays étant le premier consommateur de charbon et de gaz naturel liquéfié dans le monde, la baisse de sa demande a un impact sur les prix mondiaux de l’énergie. On l’observe particulièrement pour le charbon et le gaz.

Et dans la mesure où nous produisons aussi de l’électricité avec ces énergies fossiles, le prix de cette électricité va aussi baisser.

Quel impact sur l’Europe ?

Au demeurant, nous ne sommes pas liés au marché chinois en ce qui concerne l’électricité donc on pourrait penser que le ralentissement des activités en Chine n’aurait pas d’impact sur les marchés de l’électricité en Europe. En réalité, il faut savoir que l’Allemagne fait partie, au même titre que la Chine, des pays grands consommateurs de charbon. Si les prix du charbon baissent, les prix de l’électricité en Allemagne baissent également, et cela se ressent dans toute l’Europe (la plupart des marchés étant interconnectés en Europe).

Ajoutez à cela qu’il est possible que l’activité européenne soit également ralentie prochainement, les prix de l’électricité l’anticipent, et pourraient donc baisser davantage avec une demande qui diminue.  

Cependant, la situation de l’épidémie évolue et fluctue chaque jour. Aussi nous ne pouvons qu’émettre des suppositions et vous inviter à regarder le site de l’OMS ainsi que le site mis en place par le gouvernement. Ces deux derniers vous fourniront toutes les informations nécessaires

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Une reprise des émissions de GES sur les chapeaux de roues

Le deux mars dernier l'AIE (Agence Internationale de l'Énergie) a publié une note d'analyse sur les tendances des émissions mondiales de CO₂ en provenance de la combustion des combustibles fossiles. Voici ce qu'il faut en retenir.

Une baisse historique des émissions de CO₂

En effet, de février à avril 2020, nous avons observé la plus forte baisse annuelle des émissions de gaz à effet de serre depuis la Seconde Guerre Mondiale.

La pandémie du Covid-19 et les confinements ne sont pas étrangers à cela puisque, sur une baisse de 5,8% (ou 2 Gt CO₂) des émissions mondiales, la moitié de cette baisse (1 Gt CO₂) est due à une quantité plus faible de carburant consommé par les transports (notamment aériens et routiers).

De plus, la situation sanitaire que nous connaissons tous-tes, a également conduit à une forte baisse de la demande mondiale en combustibles fossiles en 2020 en pétrole (-8,6% par rapport à 2019, soit la baisse annuelle la plus importante jamais observée par l’AIE) ainsi qu'en charbon (-4%).

Une remontée des émissions de CO₂ qui ne s'est pas fait attendre

Malheureusement, la tendance n'est pas restée bien longtemps à la baisse puisque, toujours selon l'AIE, après avoir atteint le niveau d'émission le plus faible en avril 2020, ces dernières ont immédiatement remonté pour connaître une accélération considérable en décembre 2020 et se retrouver à un niveau d'émissions supérieur de 2% (60 Mt CO₂) à celui de décembre 2019.

Ce rebond sans précédent est principalement lié à la relance économique des grands pays émetteurs dont la demande en énergie a fortement augmenté depuis la reprise des activités. Espérons qu'une relance plus verte en faveur des énergies renouvelables puisse voir le jour prochainement ! 🤞