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AMOC : qu'est-ce que c’est et quelles conséquences s'il s’effondre ?

L’AMOC n’est pas l’Alliance des Marmottes Observant le Changement climatique, bien que sa disparition aurait des conséquences irréversibles sur le climat. Elle désigne l’ "Atlantic Meridional Overturning Circulation" traduit par “Circulation méridienne de retournement de l'Atlantique”. 

Mais alors, qu'est-ce que c'est ? Et pourquoi il intéresse autant les chercheurs et les institutions climatiques. ? On vous explique tout 🔍

En résumé


Qu’est-ce que l’AMOC ?

L’AMOC désigne un ensemble de courants marins qui assurent une partie de la circulation thermohaline de la planète. Dit autrement, c’est l’un des systèmes qui transporte chaleur, sel et masse d’eau entre les tropiques et les hautes latitudes¹.

La circulation thermohaline

L’eau de mer est salée (on pourrait croire à une maxime façon Jean Claude Van Damme, pourtant c’est un paramètre clé). La salinité, combinée aux différences de température entre masses d’eau, modifie la densité. L’eau froide et salée est plus dense et plonge en profondeur. L’eau plus chaude remonte naturellement vers la surface².

Cette circulation verticale forme une grande boucle océanique qui met en mouvement d’immenses volumes d’eau et donne naissance à des courants. Le plus connu est le Gulf Stream³.  Les courants chauds partent des régions équatoriales en direction des pôles, où l’eau se refroidit, gagne en densité et repart vers les tropiques en profondeur³. 

Cette boucle transporte la chaleur d’un bout à l’autre de l’Atlantique, ce qui contribue fortement à la régulation du climat dans l’hémisphère nord⁴.

Source : GIEC (IPCC), AR6, Rapport du Groupe de travail I, FAQ 9.3.

Pourquoi l’AMOC inquiète les scientifiques ?

Depuis quelques décennies, les scientifiques observent un affaiblissement progressif de l’AMOC. Le phénomène reste discret à l’échelle d’une vie humaine, pourtant il pourrait entraîner des conséquences très concrètes pour le climat. C’est ce possible basculement, lent et silencieux, qui mobilise aujourd’hui la recherche climatique.

Ce que disent les observations

Depuis le milieu du XXᵉ siècle, plusieurs travaux convergent vers un même constat : la circulation de retournement atlantique s’est affaiblie. Une étude publiée dans Nature en 2018 estime ainsi que l’AMOC aurait perdu environ 15 % de son intensité depuis le milieu du XXᵉ siècle⁵.

Les synthèses du GIEC confirment ce signal : il existe une forte confiance dans le fait que l’AMOC va continuer à se ralentir au cours du siècle sous l’effet du réchauffement, même si un effondrement brutal est jugé peu probable avant 2100 dans la plupart des modèles climatiques¹⁻⁶.

L’Observatoire Défense & Climat résume, dans une note publiée en 2025, l’état du débat scientifique. Trois points ressortent⁷ :

  • Un affaiblissement est déjà observable.
  • L’AMOC pourrait atteindre un point de bascule si le réchauffement se poursuit et si les apports d’eau douce augmentent.
  • De fortes incertitudes subsistent quant au moment, à la rapidité et à l’ampleur d’un éventuel effondrement. 

Enfin, plusieurs études récentes se contredisent sur la probabilité d’un effondrement complet : certaines concluent qu’il reste improbable au XXIᵉ siècle⁸,  d’autres estiment au contraire qu’un scénario de shutdown (Arrêt quasi complet d’un système, ici la circulation océanique concernée) dans les 50 à 100 prochaines années ne peut plus être considéré comme une “faible probabilité”⁹. 

Ce qui préoccupe la communauté scientifique, ce n’est pas un scénario de fin du monde prémâché, c’est une combinaison simple. L’AMOC joue un rôle déterminant dans le climat de l’Atlantique Nord. Et son basculement, même peu probable à court terme, correspond à un risque à faible probabilité et à forts impacts.

Ce qui pourrait provoquer un effondrement

Si l’AMOC se fragilise, c’est parce que le moteur de la circulation thermohaline est perturbé par plusieurs effets bien identifiés :

  • Fonte accélérée du Groenland
    Les calottes glaciaires du Groenland perdent de grandes quantités de glace, qui se transforment en eau douce dans l’Atlantique Nord. Cette eau est moins salée et donc moins dense, ce qui freine la plongée des eaux froides et salées qui alimentent l’AMOC¹⁰.
  • Réchauffement des eaux de surface
    Le réchauffement climatique augmente la température de l’océan de surface. Une eau plus chaude est moins dense, donc moins encline à s’enfoncer dans les régions où se forme l’eau profonde de l’Atlantique Nord. Cela affaiblit le “retournement” qui fait circuler la chaleur¹¹.
  • Apports supplémentaires d’eau douce (précipitations, ruissellement, banquise)
    L’augmentation des précipitations aux hautes latitudes, la fonte de la banquise et le ruissellement continental apportent eux aussi de l’eau douce à la surface de l’Atlantique Nord. Ce “diluant” réduit la salinité, renforce la stratification et complique la formation d’eaux profondes denses¹²⁻¹³.
  • Boucles de rétroaction possibles
    Certains travaux sur les points de bascule climatiques suggèrent que, au-delà d’un certain seuil de réchauffement et de déstabilisation de la salinité, l’AMOC pourrait basculer vers un état plus faible ou interrompu, sans retour rapide à la situation actuelle. Ces scénarios restent entourés de fortes incertitudes, mais ils sont au cœur de la réflexion sur les risques extrêmes liés au climat¹⁴.

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Effondrement de l’AMOC : quelles conséquences ?

Refroidissement régional et reconfiguration du climat

Plusieurs travaux de modélisation se sont penchés sur ce qui se passerait en cas de ralentissement très marqué, voire d’effondrement quasi complet de l’AMOC. Une étude publiée en 2025 dans Geophysical Research Letters montre que, dans un scénario où la circulation est divisée par plus de 80 %, les hivers en Europe du Nord-Ouest deviendraient nettement plus froids, avec des baisses de température de l’ordre de –4 °C à Paris et jusqu’à –14 °C à Reykjavik, malgré un réchauffement global limité à +2 °C¹⁵.

Dans ces simulations, le refroidissement hivernal s’accompagne d’une extension de la banquise vers le sud, jusqu’aux abords de l’Écosse et des Pays-Bas, ainsi que d’une modification profonde de la circulation atmosphérique sur l’Atlantique Nord. D’autres travaux confirment qu’un effondrement de cette circulation pourrait provoquer un refroidissement marqué en Europe du Nord et une hausse de la fréquence des extrêmes hivernaux, tout en modifiant les trajectoires des tempêtes atlantiques¹⁶.

Du côté de l’Amérique du Nord, un AMOC très affaibli serait associé à des hivers plus rigoureux sur la côte Est, mais aussi à des étés et des épisodes de chaleur qui resteraient influencés par le réchauffement global. Le résultat n’est donc pas un retour simple à un “vieux climat froid”, mais une reconfiguration complète : contrastes saisonniers renforcés, bandes de refroidissement régionales, changement des régimes de précipitations en Europe, en Afrique de l’Ouest, en Amérique du Sud et en Asie du Sud. 

Sur le plan énergétique, un refroidissement hivernal de quelques degrés dans des régions très peuplées (Europe de l’Ouest, Nord-Est des États-Unis) se traduirait mécaniquement par une hausse de la demande de chauffage. L’Agence internationale de l’énergie estime qu’une baisse d’un seul degré de la température extérieure peut entraîner une augmentation de l’ordre de 7 à 10 % des besoins de chauffage dans les pays européens tempérés¹⁷⁻¹⁸.

Sans transition énergétique rapide, cette hausse de la demande continuerait à être couverte en grande partie par des énergies fossiles, ce qui renforcerait encore le dérèglement climatique qui fragilise l’AMOC.

Augmentation du niveau de la mer en Atlantique Nord

L’AMOC ne transporte pas seulement de la chaleur, il influence aussi la répartition du niveau de la mer. Les rapports du GIEC indiquent qu’un affaiblissement de cette circulation provoquerait une élévation supplémentaire du niveau marin le long de la côte Est nord-américaine et dans certaines parties de l’Atlantique Nord, par rapport à la moyenne globale¹. Une AMOC plus faible entraîne en effet une accumulation de masse d’eau au large des côtes nord-américaines ainsi qu’une modification des vents et de la pression atmosphérique, provoquant une hausse régionale du niveau de la mer de plusieurs centimètres à quelques dizaines de centimètres selon les scénarios, qui s’ajoute à la montée globale liée à la fonte des glaces et à la dilatation thermique de l’océan¹⁹⁻²⁰.

Pour les villes côtières déjà exposées (New York, Boston, Miami, mais aussi plusieurs ports d’Europe de l’Ouest), cela se traduirait par une augmentation de la fréquence et de l’intensité des submersions marines lors des tempêtes et des marées hautes. À plus long terme, cette pression cumulative sur les littoraux contribuerait à déplacer des populations, non pas en un “exode massif instantané”, mais plutôt par une succession de crises locales (inondations récurrentes, salinisation des sols, recul du trait de côte) qui rendent certains territoires plus difficiles à habiter².

Perturbation des écosystèmes marins et de la pêche

L’AMOC joue aussi un rôle discret mais décisif dans la distribution des nutriments, de l’oxygène et de la chaleur dans l’Atlantique Nord. En affaiblissant cette circulation, on modifie la remontée d’eaux profondes riches en nutriments et la stratification de la colonne d’eau.

Des travaux publiés en 2024–2025 montrent qu’un AMOC affaibli entraîne une diminution de la biomasse de phytoplancton, qui se répercute ensuite sur l’ensemble de la chaîne alimentaire : zooplancton, poissons, mammifères marins²¹.

Ces modifications peuvent toucher directement les zones de pêche les plus productives de l’Atlantique Nord, avec des effets sur la disponibilité des stocks, leur répartition géographique et la stabilité économique des communautés qui en dépendent²².

L’augmentation de la stratification et les changements de circulation peuvent aussi réduire l’oxygénation de certaines couches de l’océan, favorisant des zones pauvres en oxygène moins favorables à de nombreuses espèces. Combinés à l’acidification des océans et au réchauffement global, ces changements constituent un risque sérieux pour les récifs d’eau froide, certaines espèces de poissons commerciaux et les écosystèmes côtiers²³.

Bon à savoir

Un effondrement de l’AMOC ne ressemblerait pas à un scénario hollywoodien. Le processus serait lent, progressif et étalé dans le temps, ce qui rend le phénomène peu spectaculaire à l’œil nu. Une dynamique qui nourrit parfois l’impression qu’“il ne se passe rien”, un argument que certains climatosceptiques utilisent volontiers pour minimiser l’enjeu climatique.

Que peut-on faire pour limiter notre impact sur l’AMOC ?

La transition énergétique reste le levier le plus solide pour réduire le risque d’un affaiblissement grave de l’AMOC. Les travaux du GIEC et de l’Agence internationale de l’énergie convergent sur un constat clair : plus la planète se réchauffe, plus le moteur océanique se fragilise.

La première ligne de défense consiste donc à diminuer nos émissions de gaz à effet de serre. Cela passe par une combinaison bien connue (nos lecteur·ices assidu·es la reconnaîtront)1 :

  • sortie progressive du charbon, du pétrole et du gaz (oui, on radote)
  • développement des énergies bas-carbone (avec une préférence assumée pour le renouvelable)
  • électrification des usages (transport, industrie, bâtiments, etc.)
  • amélioration de l’efficacité énergétique (consommer mieux, c’est déjà consommer moins)
  • sobriété énergétique et matérielle (consommer moins d’énergie et de ressources).

Sobriété, adaptation et résilience

Même dans un scénario de réussite climatique, l’AMOC devrait continuer à perdre en vigueur. Il ne s’agit donc pas uniquement de mitigation, mais aussi d’anticipation.
La littérature climat met en avant trois grands domaines d’adaptation¹. 

D’abord, la sobriété énergétique hivernale. Un refroidissement régional en Europe ou sur la côte Est des États-Unis pourrait augmenter la demande de chauffage, ce qui rend utile tout ce qui réduit la sensibilité de nos systèmes énergétiques aux pics hivernaux.

Ensuite, l’adaptation aux extrêmes climatiques. Un AMOC affaibli peut modifier les trajectoires de tempêtes atlantiques, renforcer certains épisodes de précipitations et accentuer les risques de submersion marine le long des côtes exposées.

Enfin, la résilience agricole et hydrologique. Les travaux sur les monsoons (grands régimes de pluies saisonnières) et les téléconnexions climatiques (liens climatiques entre régions éloignées) suggèrent des impacts potentiels en Afrique de l’Ouest, en Amérique du Sud et en Asie du Sud, là où les flux d’eau conditionnent déjà la sécurité alimentaire²⁴.

Protéger la cryosphère et l’océan

Le moteur de l’AMOC repose sur des choses en apparence simples : la température, la salinité et la densité de l’eau en surface. Dès que ces paramètres se dérèglent, l’équilibre de la circulation thermohaline s’affaiblit.

Limiter trois phénomènes permet donc de réduire le stress sur le système :

  • la fonte accélérée du Groenland
  • l’acidification et la stratification de l’océan
  • l’apport d’eau douce venu de la banquise, des précipitations et du ruissellement

Le State of the Cryosphere Report 2023 rappelle qu’il existe un fossé important entre un réchauffement de 1,5–2 °C et un monde à 3 °C, notamment pour la calotte groenlandaise qui bascule vers une perte difficilement réversible au-delà de certains seuils²⁵. 

De son côté, le GIEC souligne que l’océan absorbe plus de 90 % de la chaleur excédentaire du système climatique. Cette fonction d’éponge thermique joue un rôle clé dans la stabilité de l’Atlantique Nord et dans le fonctionnement de l’AMOC²⁶.

Une coordination internationale indispensable

L’AMOC n’est pas un système européen, c’est un système global. Ses impacts concernent plusieurs régions, de la côte Est nord-américaine aux hivers européens en passant par les moussons ouest-africaines, sud-américaines et sud-asiatiques. Autant dire que l’affaire dépasse largement le cadre d’une politique nationale.

La coordination se joue donc sur des scènes multiples. La COP climat et le cadre onusien (UNFCCC) pour les engagements et les trajectoires. Le G20 pour les matières premières, l’énergie et les équilibres géopolitiques. L’AIE et l’OPEP+ pour le cœur du système énergétique mondial. L’OCDE et les institutions financières internationales pour les règles du jeu, les investissements et la régulation. Le GIEC pour la science et la synthèse.

En parallèle, une myriade d’initiatives régionales se penchent sur l’océan et les pêches (OSPAR, OCDE, etc.). Rien de spectaculaire dans leur fonctionnement, elles contribuent toutefois à tisser les normes et les coopérations nécessaires à un océan qui ne connaît ni frontières ni zones économiques exclusives en matière de climat²⁷.

Des actions concrètes

Les rapports climat et énergie convergent sur un point simple : il existe déjà des leviers opérationnels pour réduire le risque lié à un affaiblissement de l’AMOC. On est loin des débats abstraits, on parle de mesures très tangibles²⁷⁻²⁸.

  • accélérer la sortie du charbon
    (la source d’électricité la plus émettrice, et la plus facile à cibler)
  • réduire les émissions de méthane
    (le gaz qui réchauffe vite, avec un potentiel de réduction significatif d’ici 2040)
  • renforcer l’efficacité énergétique dans les bâtiments et l’industrie
    (consommer moins pour le même service : la mesure la plus rentable)
  • adopter des usages plus sobres dans le chauffage, la mobilité et les matériaux
    (un changement d’habitudes qui évite de compenser uniquement par la technologie)
  • développer un mix bas-carbone
    (avec des énergies renouvelables, cela coule de source)
  • limiter le réchauffement de la cryosphère
    (stabiliser le système en contenant la fonte du Groenland en dessous de ~2 °C)
  • protéger l’océan via les aires marines protégées, la gestion des pêcheries et la surveillance biogéochimique
    (l’océan absorbe déjà plus de 90 % de la chaleur excédentaire, autant lui faciliter la tâche)
  • renforcer la surveillance de l’AMOC
    (programmes RAPID, OSNAP, satellites, flotte ARGO : la panoplie existe déjà)
  • adapter les littoraux via digues, recul stratégique et gestion de la salinisation
    (prévenir plutôt que subir, surtout dans les zones densément habitées)
  •  sécuriser les systèmes énergétiques
    (éviter qu’un choc hivernal ne provoque un rebond fossile, scénario bien documenté)
  • coordonner agriculture et hydrologie dans les zones de monsoons
    (Afrique de l’Ouest, Amérique du Sud, Asie du Sud : là où la pluviométrie conditionne la sécurité alimentaire)

Dans ce contexte, l’électricité verte a un intérêt simple : elle réduit les émissions liées à la production d’énergie et, ce faisant, limite le réchauffement global. Or le réchauffement est le principal moteur du déséquilibre océanique, de la fonte du Groenland et, in fine, du stress sur l’AMOC. L’équation n’a rien de théorique : moins d’émissions, c’est moins de forcing climatique, et donc moins de pression exercée sur les systèmes climatiques sensibles.

L’électricité verte chez Ekwateur

Chez Ekwateur, notre électricité et notre gaz ne pas seulement renouvelables, ils sont certifiés. Les garanties d’origine permettent de tracer les kilowattheures renouvelables et de soutenir celles et ceux qui les produisent. C’est un choix aligné avec la transition énergétique : remplacer des kilowattheures carbonés par des kilowattheures bas-carbone.

Ce geste n’exonère pas la sobriété, la rénovation ou les investissements réseau. Il participe à un mouvement collectif validé par le GIEC (atténuation) et l’AIE (stabilité du système).

Côté consommateurs, choisir une offre verte certifiée, c’est orienter la demande vers la production bas-carbone. Ce n’est pas le seul levier, ce n’est pas le plus spectaculaire, c’est un levier structurel.

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L’AMOC rappelle une évidence : le climat n’est pas un bouton unique, c’est un ensemble de systèmes qui se répondent. Les fragiliser coûte cher, les stabiliser demande du temps. Transition, adaptation, énergie, océan, cryosphère, tout est lié.

Chez Ekwateur, on défend une énergie plus propre et plus cohérente avec cet avenir. L’énergie verte n’est pas la solution totale, c’est une pièce importante du puzzle. Les autres s’appellent sobriété, rénovation, réseaux, agriculture et politique publique. 

Une transition digne de ce nom n’est jamais un geste héroïque, c’est un travail collectif. 😉

FAQ

Qu'est-ce que l'AMOC  et sa traduction ?

AMOC signifie Atlantic Meridional Overturning Circulation, traduit en français par circulation méridienne de retournement de l’Atlantique ou circulation de retournement atlantique. L’acronyme anglais est le plus utilisé dans la littérature scientifique.
C’est un ensemble de courants océaniques qui transportent chaleur, sel et masse d’eau entre les tropiques et les hautes latitudes de l’Atlantique. Il s’agit d’une composante majeure de la circulation thermohaline, sensible aux variations de température et de salinité.

AMOC vs Gulf Stream ?

Le Gulf Stream est un courant de surface chaud qui longe la côte américaine avant de se diriger vers l’Europe. L’AMOC inclut le Gulf Stream mais va plus loin : elle comprend aussi les plongées d’eaux froides et salées en profondeur et le retour des eaux profondes vers le sud. En résumé : le Gulf Stream est une “branche” de l’AMOC, pas l’ensemble.

Que se passerait-il en cas d’effondrement ?

Les modèles climatiques montrent un refroidissement hivernal marqué en Europe du Nord-Ouest, des hivers plus rigoureux sur la côte Est américaine, des modifications des trajectoires de tempêtes, et des impacts sur les monsoons et certains écosystèmes marins. On parle d’une reconfiguration régionale du climat, pas d’un “âge glaciaire instantané”.

Peut-il s’effondrer demain ?

Les observations montrent un ralentissement depuis le milieu du XXᵉ siècle. Le GIEC estime qu’un effondrement brutal avant 2100 est peu probable, mais pas impossible à plus long terme. Les incertitudes portent sur le moment, la vitesse et l’ampleur du changement plutôt que sur la possibilité physique.

Que puis-je faire à mon échelle ?

À l’échelle individuelle, on ne “sauve” pas l’AMOC, on peut cependant contribuer à notre échelle : réduire les émissions qui fragilisent l’océan et la cryosphère. Concrètement, cela passe par l’énergie (sobriété hivernale, rénovation, offre bas-carbone), la mobilité (train, vélo, électrification), l’alimentation (moins de gaspi, un peu moins de viande), et les choix collectifs (politiques publiques, réseaux, agriculture). Rien d’héroïque (à moins de retrouver Capitaine Planète et son mulet légendaire), plutôt une addition de décisions cohérentes.

Sources :
  1. https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg1/chapter/chapter-9  
  2. https://repository.library.noaa.gov/view/noaa/70414
  3. https://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/gulf-stream-circulation-de-retournement-amoc
  4. https://www.uu.nl/en/news/potential-collapse-of-the-atlantic-ocean-circulation-strongly-affects-european-climate 
  5. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29643485/ 
  6. https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg1/chapter/technical-summary/  
  7. https://defenseclimat.fr/wp-content/uploads/2025/06/ObsDefClim_2025_05_9_AMOC_Synthese_VF-2.pdf
  8. https://www.researchsquare.com/article/rs-5077014/v1  
  9. https://www.livescience.com/planet-earth/climate-change/key-atlantic-current-could-start-collapsing-as-early-as-2055-new-study-finds 
  10. https://www.nature.com/articles/ngeo2740 
  11. https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0277379121004388 
  12. https://archimer.ifremer.fr/doc/00358/46881/46764.pdf 
  13. https://oceans.mit.edu/JohnMarshall/wp-content/uploads/2016/02/rog20093.pdf 
  14. https://www.defense.gouv.fr/marine/cols-bleus/cols-bleus-magazine/decryptage/alerte-notre-thermostat 
  15. https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2025GL114611 
  16. https://www.sciencemediacentre.org/expert-reaction-to-modelling-study-on-the-impact-of-a-weakened-amoc-on-the-european-climate/ 
  17. https://www.iea.org/spotlights/7-ways-you-can-save-energy 
  18. https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg2/chapter/chapter-3/ 
  19. https://www.nature.com/articles/s43247-024-01835-4
  20. https://www.arctictoday.com/what-a-weakening-amoc-means-for-northern-oceans-an
  21. https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1029/2024EF004741
  22. https://research-portal.uu.nl/en/publications/global-marine-ecosystem-response-to-a-strong-amoc-weakening-under/ 
  23. https://www.futura-sciences.com/en/climate-atlantic-current-collapse-could-have-worldwide-consequences_20426/ 
  24. https://d197for5662m48.cloudfront.net/documents/publicationstatus/150447/preprint_pdf/da8ecb8a4d0157a33ccf3663b539ed0f.pdf  
  25. https://www.unesco.org/en/articles/state-cryosphere-report-2023 
  26. https://www.ipcc.ch/srocc/headline-statements/ 
  27. https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg2/ 
  28. https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg3/chapter/summary-for-policymakers/ 

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