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Transition énergétique : pour la décentralisation de l’énergie ?

Et si la décentralisation de l’énergie était la clef pour une vraie transition énergétique, à la fois écologique, sociale et citoyenne ? Si on allait vers une production d’énergie à plus petite échelle, qui évite les grosses infrastructures polluantes, difficiles à gérer ?

De plus en plus, la transition énergétique apparaît comme une urgence. Face au réchauffement climatique, à la pollution, à la crise des ressources énergétiques, il devient de plus en plus indispensable de changer nos modes de production d’énergie.

Pendant des décennies, nous avons produit notre énergie à partir de grosses centrales de production, polluantes, chères, détenues et gérées par de grosses organisations. Mais ce modèle est aujourd’hui remis en cause de toute part. Pour une énergie plus écologique, plus adaptable, moins chère, plus innovante, la décentralisation est probablement la voie à suivre. On vous explique pourquoi.

 

Toit d'une maison recouvert de panneaux solaires et deux deux balcons, dont un avec la fenêtre ouverte
30 janvier 2020

Décentralisation de l’énergie : pourquoi le modèle de l’énergie centralisée ne marche plus

Tout au long du XXème siècle, les réseaux énergétiques se sont développés partout dans le monde. On a construit des centrales de production, des lignes de distribution, on a raccordé les particuliers, les entreprises. L’accès à l’électricité, au gaz, à la chaleur s’est développé partout !

Et ce réseau énergétique s’est surtout développé sur un modèle centralisé : de grandes infrastructures gérées par des acteurs uniques, souvent publics. À l’époque, c’était logique : l’Etat gérait ce service public qu’était l’énergie. Il fallait investir massivement et les projets n’étaient pas forcément rentables tout de suite. Seuls les acteurs publics disposaient des moyens financiers et stratégiques pour se lancer dans le développement de ces réseaux. 

En France par exemple, l’Etat a basé le réseau électrique sur la construction de centrales nucléaires, gérées par une grande entreprise publique. Tout était centralisé : la production d’énergie, la distribution… Le même modèle a été adopté un peu partout dans le monde, parfois en se basant sur les énergies fossiles (charbon, gaz) parfois dans certains pays sur les grandes infrastructures des énergies renouvelables comme l’hydro-électricité (c’est le cas au Brésil par exemple). 

Mais ce modèle, qui marchait relativement bien durant les Trente Glorieuses et à l’époque de l’Etat Providence, a été progressivement remis en cause. D’abord, les coûts d’exploitation ont augmenté avec la hausse des prix des énergies fossiles et l’évolution de la conjoncture économique. Progressivement, l’Etat a voulu se désengager de ces secteurs pour réduire les dépenses publiques et passer le relai à des acteurs privés. Ensuite, l’émergence de nouvelles technologies comme les énergies renouvelables (éolien, solaire) sont apparues et ont commencé à concurrencer les vieilles infrastructures centralisées du secteur de l’énergie.

Aujourd’hui, les grandes infrastructures énergétiques sont donc dans une situation paradoxale : elles sont gérées par de grandes entités, parfois privées, parfois publiques, parfois un mélange des deux. En même temps, ces entités doivent faire face à la concurrence de nouveaux acteurs, notamment dans les énergies renouvelables, qui sont de plus en plus compétitives. L’entretien des infrastructures coûte de plus en plus cher car les grandes centrales sont complexes et vieillissantes.

Et puis surtout, ces infrastructures centralisées reposent sur des sources d’énergie qui ont de nombreux désavantages. Le charbon, le gaz ou le pétrole polluent énormément et sont les premiers contributeurs du réchauffement climatique. Ils émettent aussi des polluants atmosphériques qui sont nocifs à la fois pour l’environnement et pour la santé humaine. Les centrales nucléaires, quant à elles, comportent un risque significatif d’accident et les exemples de Tchernobyl ou Fukushima ont montré que leurs conséquences pouvaient être dramatiques.

La décentralisation comme alternative pour la transition énergétique

Résultat, l’ancien modèle énergétique centralisé est de plus en plus remis en cause. Mais une question demeure : par quoi remplacer ce modèle ?  

L’un des solutions est d’envisager un nouveau paradigme, basé sur des énergies plus écologiques et plus « décentralisées ». Concrètement, au lieu d’avoir une immense centrale produisant des quantités astronomiques d’énergie distribuées partout sur un grand territoire, il serait possible d’avoir plusieurs petites centrales de production, qui produisent une énergie plus écologique, au plus près des besoins.

C’est ce qu’on appelle la “décentralisation” de l’énergie. Par exemple, en France, au lieu de disposer d’une cinquantaine de gros réacteurs nucléaires, on pourrait à la place implanter un peu partout des petites centrales de production hydro-électriques, solaires photovoltaïques, solaires thermiques, ou éoliennes pour produire de l’électricité sur tout le territoire. Au lieu d’importer notre gaz de Norvège ou de Russie, on pourrait le produire un sur notre territoire grâce à des centrales de méthanisation, qui convertissent les déchets agricoles pour produire du biométhane.

De cette manière, il serait possible de produire l’énergie en fonction des besoins, grâce à des méthodes plus durables, moins risquées, et moins chères. L’énergie serait produite dans les territoires, là où les acteurs connaissent vraiment leurs besoins et les spécificités de leur économie. Mais l’idée est aussi de donner au citoyen plus de pouvoir dans la production de son énergie. Actuellement, tout est géré par de grandes organisations, qui se partagent les profits du secteur de l’énergie. Mais avec un modèle décentralisé, on peut permettre à chacun, en tant que citoyen, d’investir dans les centrales de production d’énergie près de chez lui. Ainsi, les citoyens deviennent acteurs et parties-prenantes de la production énergétique de leur territoire.

Décentralisation de l’énergie : un modèle à réinventer

Mais pour que cela soit possible, il faut avant tout réinventer notre modèle. Aujourd’hui, la législation, la réglementation, l’organisation du secteur de l’énergie : tout est conçu dans une logique de centralisation. Jusqu’à 2007, il n’y avait par exemple qu’un seul fournisseur d’énergie en France. Cela fait donc seulement 12 ans que les citoyens peuvent choisir leur fournisseur et donc l’énergie qu’ils veulent consommer et financer.

Il faut aller encore plus loin dans cette évolution vers la décentralisation de l’énergie si l’on veut rendre possible un modèle plus vertueux. Par exemple, en développant l’autoconsommation, c’est-à-dire en permettant à chaque citoyen de produire plus facilement sa propre énergie, avec des panneaux solaires domestiques ou des éoliennes domestiques. Ou en développant avec les distributeurs d’énergie une stratégie systémique permettant d’intégrer des productions décentralisées d’énergie partout dans les territoires.

Le problème, c’est que le monde de l’énergie est lent à se transformer : les réglementations, les grandes organisations, les habitudes, tout cela met du temps à évoluer. La transition énergétique en est un bon exemple : alors que les énergies renouvelables n’ont jamais été aussi rentables, elles ne représentent encore que 16.3% de la consommation finale brute d’énergie en France.

offre d'énergie renouvelable

La décentralisation de l’énergie en France : état des lieux

Alors, où en est-on de cette décentralisation de l’énergie en France ? Depuis les années 1990, les énergies renouvelables, nettement plus décentralisées que les centrales nucléaires ou thermiques, ont connu une croissance de près de 67%. Un peu partout sur le territoire, on a donc développé des parcs photovoltaïques et éoliens, mais aussi des barrages hydro-électriques…

Depuis quelques années, on développe aussi nos propres infrastructures de production de biométhane, du gaz renouvelable, plus écologique, produit à partir de fermentation de déchets. En France, selon GRDF il y a désormais plus d’une centaine de sites qui produisent de façon décentralisée du gaz renouvelable partout en France, à partir de déchets agricoles.  

L’auto-consommation, elle aussi, se développe : en 2017 on comptait déjà 14 000 installations photovoltaïques en auto-consommation. En 2018 ce chiffre était passé à 33 000 et en juin 2019 il était à 53 000. En moins de trois ans, la France affiche donc une croissance de près de 300% sur les installations de production d’énergie décentralisée en auto-consommation. Mais cela ne représente toujours que quelques dizaiens de milliers de consommateurs, alors que près de 30 millions de foyers sont raccordés à l’électricité.

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Les défis de la décentralisation de l’énergie

Le vrai problème, c’est que pour que la décentralisation de l’énergie aille encore plus loin, il faudrait investir ! Les infrastructures de production d’énergie ça ne pousse pas tout seul : il faut les construire, les raccorder au réseau, mobiliser les acteurs et constituer des filières… Il faut aussi investir dans des infrastructures de stockage de l’énergie, notamment dans le cas des énergies renouvelables comme l’éolien et le solaire qui ne produisent pas en continu. On peut aussi imaginer développer des smart-grids pour contrôler et stabiliser le réseau électrique lorsqu’il sera composé de sources décentralisées… Pour tout ça, il faut donc une véritable volonté et un engagement systémique ! 

Pour l’instant, les choses avancent relativement lentement, mais à l’avenir la transition énergétique passera forcément par la décentralisation. Plus écologique, plus maniables, moins dangereuses, et moins chère à long terme, l’énergie décentralisée devrait être dès maintenant au coeur de la transition énergétique.

Et vous, en tant que citoyen, vous pouvez y contribuer. D’abord en encourageant les énergies renouvelables, vous tournant vers un fournisseur d’énergie alternatif, comme ekWateur, fournisseur d’énergie renouvelable. Vous pouvez alors soutenir l’électricité verte ou le gaz renouvelable, provenant de sources plus décentralisées. Et vous pouvez aussi vous lancer dans l’auto-consommation, en produisant votre propre énergie.