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Réduire son empreinte carbone en faisant un enfant en moins ? Arrêtez tout, on vous explique !

Un peu radical comme solution... Vous voulez y voir un peu plus clair et comprendre d’où vient cette suggestion ? On décrypte la polémique avec vous.

16 avril 2020

Tout commence en 2015 lors de la conférence de Paris sur le réchauffement climatique

Vous connaissez la COP21 ? COP signifie conférence des parties, ces parties étant les signataires de la convention internationale de 1992 reconnaissant un changement climatique dû à l’activité humaine. Cette conférence démontre également leurs engagements dans la lutte contre ce changement. Le 21 signifie simplement qu’il s’agit de la 21ème édition de cette conférence. Cette dernière s’est donc tenue en 2015 sous présidence française. Pourquoi on vous parle de cela ? Tout simplement parce que c’est bel et bien le 21 décembre 2015 que l’accord de Paris a été signé. Cet accord prévoit de maintenir le réchauffement climatique en dessous des 2°C voire des 1,5°C par rapport à l’ère pré industrielle. Cet accord de Paris tient compte des besoins de toutes les personnes ayant signé, il est durable dans le temps et peut revoir ses ambitions à la hausse si cela est possible et de façon périodique. Cet accord marque donc un engagement en faveur du climat plutôt fort et un réel pas vers le changement des modes de consommations comme nous pouvons par exemple le voir de plus en plus au travers de communications sur des actes simples à mettre en place afin de réduire nos empreintes carbone respectives.

offre d'énergie renouvelable

Une usine laissant s'échapper des fumées noires au dessus des arbres

Une étude de 2017 engagée dans la réduction des émissions de CO₂

Cependant, soucieux de l’environnement et convaincus que le fait de remplacer nos sacs plastiques par des sacs réutilisables est certes utile, mais pas suffisant pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris de 2015, des chercheurs se sont penchés avec attention sur des moyens plus efficaces de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ils ont donc décidé de faire une étude parue dans IOP Science. Cette étude démontre en premier lieu que les engagements des accords de Paris reposent sur l’utilisation de technologies dont la neutralité carbone n’est pas prouvée ou dont l’avancée n’est pas suffisante pour espérer les exploiter avant des dizaines d’années. Aussi, l’autre alternative plus rapide est de changer drastiquement nos modes de consommations voire nos modes de vie de façon individuelle. C’est pour cela que cette étude repose sur les actions ayant le plus fort impact environnemental (mais pouvant également être appliquées dans une moindre mesure avec, bien sûr, un résultat réduit). Pour réaliser cette étude, ils se sont basés sur des données déjà existantes qu’ils ont pu trouver en découpant leurs analyses pays par pays afin d’être plus proches de la réalité. Ils ont donc pris en compte par exemple le nombre de voitures présent sur le territoire, le nombre de kilomètres parcourus au total afin de pouvoir ensuite déterminer des données individuelles précises.

Pour évaluer le comportement des gens en fonction du pays, ils ont pris en compte notamment les différents régimes alimentaires des gens ainsi que leurs modes de déplacement (voiture, vélo, avion, marche) afin de déterminer les émissions carbone des personnes et leurs origines.

Pour donner ses résultats, l’étude s’est basée sur l’analyse de 148 scénarii mettant en lumière l’impact du comportement individuel sur le climat dans 10 pays différents (principalement les pays développés, pays ayant un taux d’émissions de CO₂ plus conséquent) et est arrivée à la conclusion suivante de ce qui pouvait avoir un impact réduit sur le climat :

  • Ne pas investir dans une voiture
  • Ne pas prendre l’avion
  • Privilégier les régimes véganes ou végétariens
  • Faire moins d’enfants
  • Passer aux énergies renouvelables

Dans le cas des énergies renouvelables, ils ont choisi de les intégrer mais de façons plus modérées. En clair, les centrales thermiques sont extrêmement polluantes en termes de CO₂, mais tous les pays n’en disposent pas sur leur territoire. Les pays ayant des centrales thermiques sur leur territoire sont invités à utiliser les énergies renouvelables car cela fait une VÉRITABLE différence. En revanche, ceux qui n’utilisent pas de centrales thermiques ne sont pas invités à opter pour les énergies renouvelables car, selon leur étude, cela ne fait pas une grande différence d’un point de vue émission carbone uniquement. Cependant, les chercheurs sont convaincus que les énergies renouvelables sont les énergies d’avenir pour une baisse significative des émissions de CO₂ et de l’utilisation de matériaux très polluants.

L’étude explique ensuite que certaines de ces actions sont bonnes pour l’environnement et également pour notre santé. En effet, ne pas avoir de voiture permet de lutter contre l’obésité et adopter un régime sans viande ni poisson permet de diminuer les risques de cancer ou d’autres types de maladies parfois graves.

Enfin, les chercheurs expliquent pourquoi ils préconisent de faire un enfant en moins. Ils se sont basés sur des données historiques déjà disponibles et ils sont arrivés à la conclusion que faire un enfant en moins équivaudrait, d’un point de vue empreinte carbone, à la décision de 700 adolescents qui s’engageraient à trier leurs déchets toutes leurs vies. Une solution drastique qui reste à l’état de constat et de proposition sans prétention de vouloir forcer qui que ce soit à abandonner ses enfants ou à en faire moins s’il ne le souhaite pas. Cela fait simplement partie des solutions à fort impact sur l’environnement. Et c’est aussi la raison pour laquelle, la cible principale de leur étude est les adolescents. En effet, ils sont directement concernés par l’avenir de la planète et ouverts à l’idée de pouvoir apprendre des habitudes de consommation nouvelles. Quelqu’un qui a toujours vécu avec une voiture, par exemple, aura du mal à envisager une vie sans. Il est donc préférable de proposer à cette personne d’opter pour une voiture zéro émission. Alors qu’un adolescent sera plus réceptif à cette idée. De plus, les adolescents peuvent aussi aider leurs parents à changer et à réfléchir autrement (pour les vacances par exemple, les inciter à partir moins loin pour ne pas prendre l’avion).

Les deux chercheurs précisent cependant que ces résultats restent une estimation relativement précise, mais une simple estimation. Ils tenaient simplement à ce que le plus de monde possible puisse avoir des clés pour changer ses habitudes de consommation. Elle n’a pas la prétention d’obliger qui que ce soit à appliquer ce qu’elle propose. Il s’agit de simples constats, ni plus ni moins.

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L’incompréhension face à la reprise de cette étude par l’AFP

La polémique est venue d’un simple tweet de l’AFP reprenant l’un des graphiques de l’étude (sans plus de précisions) en disant « voilà des idées pour réduire notre empreinte carbone ». Dans ces fameuses idées, se trouvaient donc les recommandations de l’étude dont la suggestion « avoir un enfant en moins ». Cela a suscité beaucoup de débats, car il était suggéré que l’Agence France Presse (AFP) invitait les personnes à faire un enfant en moins. Or, il s’agissait simplement d’une reprise de cette étude qui mentionne la possibilité de réduire considérablement ses émissions de CO₂ en ayant un enfant en moins. Cependant, nous le savons tous, en tant qu’humains, nous consommons beaucoup et nous avons une empreinte carbone reflétant notre mode de vie. Il est donc évident que le fait d’avoir un enfant en moins réduira notre empreinte carbone. De plus, l’étude scientifique mentionne que ce sont de simples suggestions et non une obligation.

L’AFP, pour sa part, s’est simplement contentée de relayer cette étude qui, en soi, doit être portée à l’attention de tout le monde afin que chacun puisse connaître les possibilités existantes aujourd’hui pour réduire son impact carbone de façon conséquente et choisir ou non de les mettre en pratique.

Personne n’a le droit de vous obliger à faire plus ou moins d’enfants. Cela doit être un choix personnel et cette étude est simplement là pour vous expliquer pourquoi faire moins d’enfants réduit votre empreinte carbone et non vous forcer à faire moins d’enfants ni même vous faire culpabiliser. Ce sont des faits, rien de plus.

De notre côté nous ne pouvons que vous conseiller de passer aux énergies renouvelables qui ont un impact réel dans la consommation mondiale de CO₂ et qui peuvent vraiment faire la différence comme l’a démontré l’étude.