Amsterdam interdit les publicités jugées “nuisibles au climat” dans les espaces publics
Ah, Amsterdam. Ses vélos qui filent le long des canaux, ses pauses-café qui durent un peu plus que prévu 😉, et ses quartiers uniques. Une ville où il fait bon se balader. Et justement, la capitale néerlandaise s’apprête à changer une partie de son décor en interdisant certaines publicités.jugées “nuisibles au climat”¹.
Partons en voyage pour comprendre comment et pourquoi Amsterdam fait ce choix (et pourquoi on devrait peut-être les imiter).
26 février 2026 à 17:25
Lecture 4 mn
Ce qu'il faut retenir
Amsterdam interdira dès mai 2026, dans l’espace public municipal, les publicités jugées “nuisibles au climat”.
En France, il existe une interdiction nationale des publicités pour les énergies fossiles depuis 2022. Malgré tout, elle n’est que partiellement appliquée.
Chez Ekwateur, on estime que la publicité façonne les comportements : agir sur ceux-ci est aussi un levier de transition énergétique.
Un changement très concret…
Si l’adjointe au maire, Melanie van der Horst a plaidé pour une période de transition, l’interdiction entrera bien en vigueur à partir de mai 2026.
La mesure concerne l’espace public de la ville. Rues, abribus, panneaux publicitaires, stations de métro, gares et transports municipaux seront donc libérés des publicités jugées nuisibles au climat.
Quelles sont les publicités interdites ?
L'interdiction concerne plusieurs secteurs :
- Les vols aériens (le transport aérien représente environ 2 à 3 % des émissions mondiales de CO₂ liées à l’énergie²) ;
- Les croisières (un paquebot de croisière émet en moyenne 20 000 tonnes de CO₂ par an, soit l’équivalent de 10 000 voitures³) ;
- Les voitures à moteur thermique (les voitures particulières et utilitaires légers sont responsables d’environ 10 % des émissions mondiales de CO₂ liées à l’énergie, selon l’Agence internationale de l’énergie⁴) ;
- Les contrats d’énergies fossiles (le charbon et le pétrole représentent à eux seuls 78 % des émissions mondiales de CO₂ issues de la combustion d’énergie⁵) ;
- La viande⁵ (selon la FAO, l’élevage est responsable d’environ 12 à 14,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre⁶)
…Et cette interdiction se répand en Hollande
Amsterdam rejoint un groupe de communes déjà libérées de ses publicités. La capitale devient la dernière ville néerlandaise à interdire les publicités pour les énergies fossiles.
Avant elle, Haarlem, pionnière dès 2022 (entrée en vigueur en 2024), Utrecht, La Haye, Zwolle, Delft ou encore Nijmegen avaient déjà sauté le pas.
Petit à petit, le mouvement gagne du terrain. Pas par décret national, mais ville après ville, à l’échelle locale.
Aux Pays-Bas, les communes disposent d’une compétence importante sur la gestion de leur espace public et des contrats publicitaires. Elles peuvent donc décider localement de ne plus autoriser certaines catégories de publicités, sans attendre une interdiction au niveau de l’État.
C’est une approche plus décentralisée que celle choisie en France, où l’interdiction de la publicité pour les énergies fossiles relève d’une loi nationale.
Et ailleurs en Europe ?
Le débat ne se limite pas aux Pays-Bas. En Italie 🍝, Florence est sur le point d’interdire à son tour la publicité pour les énergies fossiles dans l’espace public. De quoi rendre cette ville déjà magnifique encore un peu plus magique (j’ai un faible pour le Duomo et le Ponte Vecchio, je l’avoue).
D’autres collectivités réfléchissent à des mesures similaires (en Espagne par exemple⁷), signe que le sujet progresse à l’échelle européenne, même s’il n’existe pas encore d’interdiction harmonisée au niveau de l’Union.
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Et en France ?
En France, la publicité pour les énergies fossiles est interdite depuis le 25 août 2022, en application de l’article L229-61 du Code de l’environnement⁸.
Il n’est plus possible de faire la promotion commerciale de produits comme l’essence, le diesel, le fioul domestique, le gaz fossile ou le charbon. Les offres d’énergie reposant exclusivement sur ces combustibles sont également concernées (c’est pour ça que vous pourrez toujours voir nos réclames dans le métro, sur un bus ou ailleurs).
En revanche, la loi ne vise pas directement certains secteurs pourtant fortement émetteurs. Les annonces promouvant des domaines d’activité, qui en dépendent structurellement (compagnies aériennes, croisières, voitures à moteur thermique ou encore viande), continuent aussi d’apparaître dans l’espace public (qui a crié “hypocrisie” ?).
Bon à savoir
Si l’interdiction est bien inscrite dans la loi, son application concrète dépend encore de décrets précisant les modalités exactes (liste détaillée des énergies concernées, règles pour les carburants incorporant une part de renouvelable, etc.).
Or, près de quatre ans après la promulgation de la loi, ces textes n’ont toujours pas été pleinement publiés, ce qui rend la mise en œuvre du dispositif partiellement incomplète⁹. C’est bien dommage ! 😪
Pourquoi cela nous concerne
Les organisations citoyennes qui veulent interdire ces publicités défendent une idée simple : la publicité façonne les normes sociales. Si elle était inefficace, elle n’existerait pas. Selon Femke Sleegers, coordinatrice de l’initiative néerlandaise Reclame Fossielvrij (Publicité sans énergies fossiles), il est difficile de mener une politique climatique ambitieuse tout en laissant la promotion des produits fossiles occuper l’espace public, un peu comme si l’on tentait de lutter contre le tabagisme avec des affiches pour cigarettes1 et autres "puffs" colorés à chaque coin de rue.
Chez Ekwateur, on considère que c’est un signal en adéquation avec l’urgence climatique : interdire les pubs qui ont un impact négatif sur le climat, c’est laisser plus de place à des messages qui ancrent la transition énergétique dans l’esprit de tous·tes.
Et celle-ci ne se trouve pas uniquement dans les centrales électriques ou dans les textes de loi. Elle se joue aussi dans ce que l’on valorise, ce que l’on rend désirable, ce que l’on met en avant… et, in fine, dans ce que l’on consomme.
Au-delà de proposer une énergie verte, notre projet (sans le crier en s'égosillant façon candidat à la présidentielle) est aussi d’aider à consommer moins. Parce que réduire sa consommation, c’est bon pour le porte-monnaie et pour l’environnement !
Un choix qui doit être collectif
Parce que l’espace public nous appartient à toutes et tous, ce que nous y acceptons de voir, de promouvoir ou de banaliser relève de notre responsabilité collective. C’est une affaire de choix communs, de débats ouverts et de priorités partagées… ou discutées.
Votre voix compte.
Interdire certaines publicités est-ce un levier efficace pour le climat ?
Un signal fort ?
Une mesure surtout symbolique ?
C’est à vous de nous le dire.
FAQ
Les publicités sur Internet et à la radio sont-elles aussi interdites ?
Pourquoi viser la publicité plutôt que les produits eux-mêmes ?
En Europe, quels pays ont interdit les publicités sur les énergies fossiles ?
- https://fr.euronews.com/green/2026/02/06/amsterdam-va-interdire-la-pub-pour-les-energies-fossiles-et-la-viande-dans-lespace-public
- https://www.iea.org/energy-system/transport/aviation
- https://www.transportenvironment.org/te-france/articles/paquebots-de-croisiere-et-yachts-pourquoi-et-comment-taxer-ces-loisirs-ultra-carbones
- https://www.iea.org/energy-system/transport/cars-and-vans
- https://www.quechoisir.org/actualite-rechauffement-climatique-amsterdam-interdit-la-publicite-pour-la-viande-les-voyages-en-avion-ou-les-voitures-n174174/
- https://www.iea.org/world/emissions
- https://www.reuters.com/sustainability/spain-proposes-bans-concert-ticket-scalping-fuel-advertising-2025-07-01/
- https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000043959995
- https://www.senat.fr/rap/r24-710/r24-71015.html





