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Quel est le prix de l’électricité en Europe par pays ?

On se dit souvent que l’herbe est plus verte à côté. La facture d'électricité ne fait pas exception (qu’elle soit aussi verte que l’herbe ou pas). Pour se faire une idée plus concrète, un détour chez nos voisins européens permet de mesurer les écarts de prix entre pays (on peut parfois parler de grand Canyon).

Au premier semestre 2025, le prix moyen du kWh hors taxes de l’électricité atteint 0,2079 € en moyenne dans les pays de l’Union européenne et 0,2213 € dans les pays de la zone euro, selon Eurostat¹. Toutes taxes comprises, la moyenne européenne globale s’élève à 0,2872 € par kWh.
Une moyenne qui cache des disparités bien réelles sur le “vieux continent”.

Ce qu'il faut retenir


Le prix au kWh hors-taxes en Europe par pays

Avant taxes, les écarts restent déjà très marqués en Europe. Derrière un même kWh, chaque pays affiche un coût différent selon sa production locale, son organisation du marché et le poids de ses ressources énergétiques disponibles².

Pays Prix du kWh HT (S1 2025)
Turquie 0,0552
Géorgie 0,0641
Kosovo 0,0679
Serbie 0,0789
Bosnie-Herzégovine 0,0793
Hongrie 0,0819
Monténégro 0,0924
Albanie 0,0963
Macédoine du Nord 0,0969
Bulgarie 0,1083
Malte 0,1170
Croatie 0,1194
Slovaquie 0,1270
Roumanie 0,1447
Slovénie 0,1459
Pologne 0,1480
Finlande 0,1564
Portugal 0,1590
Islande 0,1601
Norvège 0,1603
Suède 0,1727
Lituanie 0,1774
Estonie 0,1784
Espagne 0,1807
Danemark 0,1823
France 0,1897
Chypre 0,1937
Grèce 0,1954
Lettonie 0,2011
Moldavie 0,2156
Tchéquie 0,2404
Italie 0,2458
Autriche 0,2578
Allemagne 0,2598
Pays-Bas 0,2660
Liechtenstein 0,2735
Belgique 0,2758
Luxembourg 0,2834
Irlande 0,3492

Prix hors taxes relevés au premier semestre 2025 pour les ménages consommant entre 2 500 et 4 999 kWh/an, selon la tranche de référence Eurostat.

À consommation comparable, le prix du kWh est environ 6 fois plus élevé en Irlande qu’en Turquie. Entre la Turquie (0,0552 € HT/kWh) et l’Irlande (0,3492 € HT/kWh), l’écart s’explique d’abord par la structure du marché et les politiques publiques.

En Turquie, le prix hors taxes de l’électricité reste relativement bas pour plusieurs raisons. D’une part, l’État soutient fortement certaines filières de production, notamment les centrales au charbon domestique (lignite)³, à travers des mécanismes dédiés incluant des garanties d’achat. D’autre part, le pays dispose aussi d’une production importante d’hydroélectricité⁴. Cette combinaison de soutien public et de ressources locales permet de maintenir un coût de production relativement faible dans certaines périodes.

 À l’inverse, l’Irlande dépend davantage des importations d’énergie fossile, notamment du gaz, et dispose d’un marché plus exposé aux variations de prix européennes⁵. (Quand il fait 7 degrés dehors, la Guinness a déjà trouvé son frigo).

Le mix électrique joue aussi un rôle important : certains pays disposent d’une production locale abondante ou historiquement subventionnée, tandis que d’autres supportent davantage de coûts liés au réseau, aux importations ou aux choix fiscaux.

Le prix au kWh TTC en Europe par pays

Une fois les taxes ajoutées, le classement évolue : fiscalité nationale, aides publiques et mécanismes de compensation viennent parfois alourdir ou alléger la facture finale².

Pays Prix du kWh TTC (S1 2025) Écart TTC / HT
Turquie 0,0617 11.8%
Géorgie 0,0756 17.9%
Kosovo 0,0766 12.8%
Bosnie-Herzégovine 0,0934 17.8%
Monténégro 0,0973 5.3%
Hongrie 0,1040 27.0%
Serbie 0,1102 39.7%
Macédoine du Nord 0,1144 18.1%
Albanie 0,1156 20.0%
Malte 0,1244 6.3%
Bulgarie 0,1300 20.0%
Croatie 0,1499 25.5%
Slovénie 0,1810 24.1%
Slovaquie 0,1887 48.6%
Roumanie 0,1918 32.5%
Norvège 0,1986 23.9%
Islande 0,2019 26.1%
Lituanie 0,2109 18.9%
Moldavie 0,2156 0%
Finlande 0,2246 43.6%
Grèce 0,2263 15.8%
Estonie 0,2298 28.8%
Pays-Bas 0,2342 -12.0%
Portugal 0,2390 50.3%
Lettonie 0,2440 21.3%
Pologne 0,2559 72.9%
Espagne 0,2608 44.3%
Suède 0,2654 53.7%
France 0,2664 40.4%
Luxembourg 0,2665 -6.0%
Autriche 0,2905 12.7%
Chypre 0,2932 51.4%
Liechtenstein 0,3129 14.4%
Tchéquie 0,3179 32.2%
Irlande 0,3260 -6.6%
Italie 0,3291 33.9%
Danemark 0,3485 91.2%
Belgique 0,3571 29.5%
Allemagne 0,3835 47.6%

Prix TTC relevés au premier semestre 2025 pour les ménages consommant entre 2 500 et 4 999 kWh/an, selon la tranche de référence Eurostat.

Pas besoin d’avoir les lunettes-loupes de Papie. On voit vite que le prix final ne dépend pas seulement de l’électricité consommée, il reflète aussi la manière dont chaque pays choisit de taxer, compenser ou amortir sa facture énergétique.

Au Danemark, l’écart est particulièrement spectaculaire : 0,3485 € TTC contre 0,1823 € HT, soit +91,2 %. Autrement dit, presque un second kWh vient s’ajouter sous forme de fiscalité à chaque KWh consommé.

À l’inverse, les Pays-Bas optent pour une fiscalité opposée : 0,2342 € TTC contre 0,2660 € HT, soit -12,0 %. Des aides publiques temporaires viennent réduire le prix payé par les ménages⁶.

La Moldavie, elle, peut se targuer d'être la Suisse du KWh : 0,2156 € TTC comme HT soit 0 % d’écart⁷

Qui paye l’électricité la plus chère en Europe ?

Hors taxes, c’est l’Irlande qui arrive en tête avec 0,3492 € par kWh, loin devant le Luxembourg (0,2834 €) et la Belgique (0,2758 €). 

Toutes taxes comprises, l’Allemagne passe devant avec 0,3835 € par kWh, devant la Belgique (0,3571 €) et le Danemark (0,3485 €). L’Irlande, pourtant première hors taxes avec 0,3492 €, redescend à 0,3260 € TTC, derrière l’Italie. Le Luxembourg suit la même logique : haut hors taxes (0,2834 €), il tombe à 0,2665 € TTC grâce à une fiscalité plus modérée.

Qui paye l’électricité la moins chère en Europe ?

Hors taxes, la Turquie reste la moins chère avec 0,0552 € par kWh, devant la Géorgie (0,0641 €) et le Kosovo (0,0679 €). 

Toutes taxes comprises, la Turquie reste en tête avec 0,0617 €, devant la Géorgie (0,0756 €) et le Kosovo (0,0766 €).

Et la France ?

La France se situe dans une position intermédiaire : 0,2664 € TTC contre 0,1897 € HT, soit un écart de +40,4 %. Cette hausse s’explique par le poids de la TVA, de l’accise sur l’électricité et des contributions liées au financement du réseau.

La TVA (20 %) : appliquée sur le total (énergie HT + réseau + accise), soit environ 0,03 €/kWh selon les profils de consommation⁸.

L’accise sur l’électricité : environ 0,0337 €/kWh au premier semestre 2025 pour les ménages standards⁹.

Les contributions aux réseaux (TURPE) : le Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité (Enedis + RTE) représente une part importante de la facture, souvent proche de 30 % du prix hors taxes. Il permet de financer l’entretien des infrastructures, leur modernisation et les investissements nécessaires au développement du réseau¹⁰.

Bon à savoir

Les investissements dans les réseaux électriques sont en forte hausse. Selon la Commission de régulation de l’énergie, ils devraient atteindre environ 6,2 Md€ par an pour RTE et 7 Md€ pour Enedis à l’horizon 2028, afin d’adapter le réseau à l’électrification des usages et au développement des énergies renouvelables¹¹. Une partie de ces coûts se répercute progressivement sur la facture via le TURPE, intégré au prix payé par les ménages.

Évolution des prix du kWh en Europe ces dernières années

Les chiffres d'Eurostat racontent la secousse énergétique traversée par l’Europe entre 2020 et 2022. Le prix du kWh s’envole sous l’effet de la crise énergétique amplifiée par la guerre en Ukraine. S’ils redescendent progressivement à partir de 2023, ils n’ont toujours pas retrouvé leurs niveaux d’avant-crise et les tensions persistantes sur les marchés énergétiques internationaux (Donald Trump devient un personnage récurrent de nos articles) n’invitent pas vraiment à imaginer un avenir meilleur en 2026².

Période Prix moyen HT UE (27 pays)
2020 S2 0,1297
2021 S1 0,1340
2021 S2 0,1554
2022 S1 0,1910
2022 S2 0,2360
2023 S1 0,2385
2023 S2 0,2244
2024 S1 0,2222
2024 S2 0,2175
2025 S1 0,2079

Entre 2020 et 2023, le prix moyen hors taxes de l’électricité dans l’Union européenne a presque doublé, pour ensuite entamer une baisse maîtrisée. L’impact a été très inégal selon les pays. Certains ont connu des hausses spectaculaires, d’autres sont restés beaucoup plus stables.

  • Aux Pays-Bas, le prix HT passe de 0,1360 € en 2020 à 0,4318 € en 2023, avant de retomber à 0,2660 € en 2025
  • En Irlande, la hausse a aussi été spectaculaire : 0,2179 € en 2020, 0,4514 € en 2023, puis 0,3492 € en 2025. Même après repli, le pays reste aujourd’hui le plus cher du classement HT. 
  • À l’inverse, la Hongrie évolue très peu : 0,0794 € en 2020, 0,0911 € en 2023, puis 0,0819 € en 2025. Une stabilité rare en Europe, liée à un encadrement tarifaire très fort.

La France suit une trajectoire plus contenue : 0,1292 € en 2020, 0,1893 € en 2023, puis 0,1897 € en 2025. Le niveau reste supérieur à l’avant-crise, sans envolée comparable à celle observée dans plusieurs pays voisins, notamment grâce au bouclier tarifaire mis en place par l’État, qui a limité une partie de la hausse supportée par les ménages pendant la crise énergétique.

Comment est fixé le prix de l’électricité en Europe ?

En Europe, le prix de l’électricité se construit d’abord sur le marché de gros, où producteurs et fournisseurs achètent l’électricité heure par heure pour le lendemain. Une partie importante des échanges passe notamment par EPEX SPOT, principale bourse européenne de l’électricité¹².

Bon à savoir : Bon à savoir : le principe central repose sur le coût marginal : ce n’est pas la centrale la moins chère qui fixe le prix final, mais la dernière centrale mobilisée pour couvrir la demande au moment où la consommation atteint son niveau nécessaire. Si la consommation augmente et qu’il faut activer une centrale à gaz, souvent plus coûteuse, c’est ce prix qui devient la référence pour l’ensemble du marché¹³.

Le mix énergétique joue donc un rôle majeur. Un pays disposant d’une forte production hydraulique, nucléaire ou (et surtout) renouvelable limite plus facilement ses tensions internes. À l’inverse, un système très dépendant du gaz ou du charbon reste davantage exposé aux variations des combustibles.

Comparer les prix de l’électricité en Europe, c’est un peu comme regarder par-dessus la clôture et découvrir qu’un voisin a un petit jardin, un autre une vaste forêt, et un troisième un parc aquatique branché en continu. Sur le papier, tout le monde parle du même kWh. Dans la réalité, chaque pays compose avec son propre décor énergétique, que ce soit la production locale, la fiscalité, les aides publiques, la dépendance aux importations ou encore les arbitrages politiques.

FAQ

Pourquoi l’électricité coûte plus cher en France ?

Le prix payé en France ne dépend pas uniquement du coût de production. Avec un parc nucléaire important, dont l’entretien et la modernisation pèsent aussi dans les coûts de fourniture, la facture finale intègre plusieurs couches : coût de fourniture, acheminement via le réseau, fiscalité et contributions publiques.

En 2025, l’écart entre le prix HT (0,1897 €) et le prix TTC (0,2664 €) atteint +40,4 %. La TVA, l’accise sur l’électricité et le financement du réseau pèsent fortement dans ce total. La Commission de régulation de l'énergie rappelle aussi que le réseau français doit absorber d’importants investissements pour moderniser les lignes, raccorder les renouvelables et renforcer la résilience du système.

Pourquoi l’électricité est-elle moins chère en Espagne qu’en France ?

En Espagne, le prix HT reste légèrement inférieur à celui de la France au premier semestre 2025 : 0,1807 € contre 0,1897 € par kWh.

Cela s’explique en partie par un mix énergétique où le renouvelable, notamment l’éolien et le solaire, occupent une place très importante. L’Espagne bénéficie aussi d’un fort développement des capacités solaires qui réduisent le recours aux productions plus coûteuses à certaines heures. Le pays a également utilisé ces dernières années plusieurs mécanismes temporaires pour amortir les effets du marché de gros, en particulier lors des pics gaziers.

Pourquoi l’électricité est-elle chère en Allemagne ?

L’Allemagne affiche en 2025 le prix TTC le plus élevé parmi les grands pays européens, avec 0,3835 € par kWh. Ce niveau s’explique par un cumul de plusieurs facteurs : des coûts de réseau élevés, une fiscalité importante, et un mix électrique encore exposé au gaz, dont le coût reste sensible aux marchés internationaux. En parallèle, le pays finance massivement ses infrastructures et le développement des renouvelables, avec des investissements lourds à court terme destinés à produire des effets sur le long terme.

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