
Quel impact écologique et énergétique pour la coupe du monde ? On fait le point sur les différentes coupes !
Un nouvel hymne de coupe du monde impossible à sortir de la tête façon Waka Waka, ça vous manque ? Vos oreilles vont être ravies puisque le mondial de football revient. Et avec la chanson entêtante, son empreinte carbone aussi.
Car, derrière les buts, les écrans géants et les soirées entre supporters, la coupe du monde est devenue de plus en plus polluante au fil des décennies. Vols internationaux, stades XXL, streaming mondial, infrastructures géantes, l’un des plus grands événement sportif de la planète émet aujourd’hui plusieurs millions de tonnes de CO2 et les prévisions pour celle de l’été 2026 ne contredisent pas cette tendance.
Plongeons ensemble façon Hugo Lloris pour tenter de saisir l’impact climatique de la Coupe du monde.
2 juin 2026 à 17:16
Lecture 8 mn
Ce qu'il faut retenir
L'empreinte carbone explose au fil des éditions. Le prochain Mondial en Amérique du Nord pourrait atteindre 9 millions de tonnes de CO2, soit le double du Qatar.
Les vols internationaux et la construction de stades géants restent les principaux coupables, souvent masqués par des astuces comptables officielles.
Écrans partagés, streaming raisonné ou passage à l'électricité verte avec Ekwateur : les fans peuvent agir concrètement depuis leur canapé.
Bilan écologique et énergétique des coupes du monde jusqu’à présent
Si les images des premiers exploits des footballeurs remontent aux années 50 (ma cassette de jeunesse sur l'épopée du grand Juste Fontaine et ses 13 buts en témoigne), les données environnementales détaillées restent limitées pour les anciennes coupes du monde. Heureusement, les dernières éditions nous offrent une vision de l'augmentation exponentielle de la pollution de ces compétitions en prenant en compte :
- Les transports (supporters, équipes, médias) ;
- Les stades et les infrastructures ;
- La consommation d’énergie ;
- L’hébergement et la logistique ;
- Les équipements et le merchandising ;
- La restauration et les déchets ;
- La diffusion télévisée et numérique.
Bon à savoir
Les chiffres présentés dans cet article proviennent de rapports réalisés à différentes époques et selon des méthodologies qui ne sont pas toujours identiques. Certaines études incluent par exemple les vols internationaux des supporters ou l'ensemble des infrastructures construites pour le tournoi, tandis que d'autres n'en retiennent qu'une partie. Les comparaisons permettent donc d'observer une tendance générale, tout en gardant à l'esprit que les périmètres de calcul peuvent varier selon les éditions.
| Coupe du monde | Pays hôte | Empreinte carbone estimée |
|---|---|---|
| 2006 | Allemagne | ~92 000 à 250 000 tCO2e |
| 2010 | Afrique du Sud | ~1,65 à ~2,75 MtCO2e |
| 2014 | Brésil | ~2,7 MtCO2e |
| 2018 | Russie | ~2,16 MtCO2e |
| 2022 | Qatar | ~3,6 à ~3,8 MtCO2e |
| 2026 (projection) | États-Unis / Canada / Mexique | ~9 MtCO2e projetées |
Allemagne : https://www.oeko.de/oekodoc/292/2006-011-en.pdf
Afrique du Sud : https://www.unep.org/news-and-stories/press-release/unep-evaluation-2010-world-cups-green-performance-shows-south-africa
Brésil : https://digitalhub.fifa.com/m/3756a3d1bce5e27a/original/educsd2hgasief3yeoyt-pdf.pdf
Russie : https://digitalhub.fifa.com/m/5afd3d89f0e69eb/original/ya7pgcyslxpzlqmjkykg-pdf.pdf
Qatar : https://inside.fifa.com/tournament-organisation/world-cup-2022-sustainability-report
États-Unis / Canada / Mexique : https://www.sgr.org.uk/resources/2026-fifa-men-s-world-cup-be-most-polluting-ever
💡Les bilans carbone des différentes coupes du monde ne sont pas toujours calculés de la même manière. Certaines études incluent les vols internationaux des supporters, les infrastructures ou certaines émissions indirectes, tandis que d'autres les excluent. C'est notamment le cas de l'édition 2006 en Allemagne, dont le bilan officiel d'environ 92 000 tCO2e ne comptabilisait pas les vols internationaux. En les intégrant, plusieurs analyses estiment que l'empreinte aurait pu dépasser 250 000 tCO2e. Les fourchettes observées pour 2010 et 2022 reflètent également ces différences de méthodologie.
Des années 1930 aux années 2000 : d’un tournoi régional à une machine mondiale
En 1930, la première coupe du monde de football réunit seulement 13 équipes1. Les déplacements internationaux restent encore limités et la télévision n’existe pratiquement pas. Pendant plusieurs décennies, le tournoi conserve une taille relativement modeste avec 16 équipes et une organisation beaucoup plus simple qu’aujourd’hui.
À partir des années 1970, la compétition change progressivement d’échelle. La télévision couleur se mondialise, les sponsors internationaux prennent une place croissante et le transport aérien devient central dans les déplacements des équipes, des médias et des supporters. En 1982, le tournoi passe de 16 à 24 équipes1, tandis que les stades deviennent plus grands et plus modernes.
Dans les années 1990 et 2000, à l’époque de Zinedine Zidane, Ronaldo Nazário ou David Beckham, la coupe du monde entre pleinement dans l’ère ultra-globalisée. Le nombre d’équipes grimpe à 32 en 19981, les flux touristiques internationaux explosent, le merchandising devient mondial et les débuts d’internet accélèrent encore la diffusion planétaire du tournoi.
Aucune donnée carbone détaillée n’existe pour les premières éditions. En revanche, l’augmentation progressive du nombre d’équipes montre déjà un changement d’échelle : 13 équipes en 1930, 16 pendant plusieurs décennies, 24 à partir de 1982, puis 32 en 1998 et bientôt 48 en 20261.
Cette croissance entraîne mécaniquement une hausse de l’empreinte environnementale : davantage de matchs, plus de supporters, plus de journalistes, plus de sponsors, davantage de vols internationaux, d’infrastructures et de retransmissions mondiales.
L’ère du football mondialisé
À partir de la coupe du monde 2006 en Allemagne, les grandes compétitions commencent à faire l’objet de véritables études environnementales et de bilans carbone détaillés.
2006 : la première coupe du monde sous surveillance climatique
| Catégorie | Données |
|---|---|
| Localisation | Allemagne |
| Énergie dépensée | Plus de 13 millions de kWh d’électricité renouvelable ont été utilisés dans le cadre du programme Green Goal avec le fournisseur allemand EnBW. Le programme s’appuyait également sur 2,5 millions de kWh produits par des installations photovoltaïques dédiées. |
| Déplacements | Les transports représentaient environ 73 000 tCO2e, soit près de 80 % des émissions comptabilisées par le programme Green Goal. Cependant, le chiffre avancé pour cette compétition reste fortement contesté |
| Infrastructures | La construction et la modernisation des stades représentaient environ 4 160 tCO2e, soit 4,52 % des émissions comptabilisées par le programme Green Goal. |
| Streaming / diffusion | La consommation d'électricité représentait environ 2 500 tCO2e, soit 2,72 % du bilan carbone officiel. |
| Logements | Les nuitées et l'hébergement représentaient environ 11 700 tCO2e, soit 12,70 % des émissions totales. |
| Sponsors / publicité | Première intégration d’objectifs environnementaux dans la communication officielle du tournoi. |
| Empreinte carbone totale | ~92 000 tCO2e selon le programme Green Goal, sans prise en compte des vols internationaux des supporters. 250 000 tCO2e Selon des estimations externes. |
https://www.oeko.de/oekodoc/292/2006-011-en.pdf
La coupe du monde 2006 en Allemagne2 était la première à intégrer un véritable programme environnemental, “Green Goal”. Les organisateurs ont misé sur les transports publics, l’électricité verte et les économies d’énergie. Plus de 13 millions de kWh d’électricité verte sont ainsi utilisés pendant le tournoi.
Cependant, le chiffre avancé pour cette compétition reste fortement contesté. En effet, les vols internationaux des supporters n’étaient pas comptabilisés dans ce calcul, ce qui représente pourtant selon les ONGs et les études, près de la moitié du bilan carbone de ce type de compétition sportive.
💡Le programme Green Goal n’était pas à l’origine un programme environnemental mondial du football. Lancé par les organisateurs allemands de l’édition 2006 avec le soutien d’experts et d’associations environnementales, il faisait partie des engagements mis en avant lors de la candidature du pays. Son objectif était de réduire l’impact du tournoi sur l’énergie, les transports, l’eau et les déchets. L’approche a ensuite inspiré d’autres compétitions, notamment en Afrique du Sud en 2010, avant d’être progressivement remplacée par des programmes de durabilité plus larges centrés sur le climat et les émissions de CO2.
2010 : quand l’aviation fait exploser le bilan carbone
| Catégorie | Données |
|---|---|
| Localisation | Afrique du Sud |
| Énergie dépensée | Jusqu'à 30 % d'économies d'énergie dans certains stades grâce à l'éclairage intelligent, avec recours à la ventilation naturelle et à des projets d'énergies renouvelables. |
| Déplacements | Environ 1,1 million de tonnes de CO2e, soit près de 67 % des émissions du tournoi, principalement en raison des vols internationaux des quelque 480 000 visiteurs étrangers venus assister à la compétition. |
| Infrastructures | Construction de nouveaux stades et développement des transports urbains, dont un réseau de 94 km de Bus Rapid Transit à Johannesburg ainsi que de nouvelles voies cyclables et piétonnes dans plusieurs villes hôtes. |
| Streaming / diffusion | Généralisation mondiale de la diffusion HD |
| Équipements | Forte croissance du merchandising mondial |
| Sponsors / publicité | Médiatisation mondiale massive et explosion des partenariats internationaux |
| Empreinte carbone totale | Entre ~1,65 et ~2,75 MtCO2e selon les méthodologies et l’intégration des vols internationaux |
https://www.unep.org/news-and-stories/press-release/unep-evaluation-2010-world-cups-green-performance-shows-south-africa
La coupe du monde 2010 en Afrique du Sud3 a marqué un changement d’échelle environnemental. Malgré le programme “Green Goal 2010”, le tournoi est devenu l’un des plus émetteurs de l’histoire du football moderne. Les longues distances aériennes parcourues par les supporters, les équipes et les médias ont fortement contribué à cette hausse. Les données publiées pour cette édition sont toutefois moins détaillées que pour certaines compétitions plus récentes, ce qui peut compliquer les comparaisons et souligne le manque d'harmonisation des rapports.
2014 : le casse-tête géographique brésilien
| Catégorie | Données |
|---|---|
| Localisation | Brésil |
| Énergie dépensée | Compensation partielle des émissions et recours à des projets bas carbone ; 24 % du carburant de la flotte officielle provenait de l'éthanol. |
| Déplacements | Environ 2,26 MtCO2e, soit 83,7 % des émissions du tournoi, avec des villes hôtes parfois séparées de plus de 3 000 km. |
| Infrastructures | Les stades et infrastructures représentaient environ 259 000 tCO2e, soit 9,6 % des émissions du tournoi |
| Streaming / diffusion | Diffusion mondiale massive et explosion des usages numériques |
| Équipements | Le merchandising représentait environ 16 000 tCO2e, soit 0,6 % des émissions du tournoi |
| Sponsors / publicité | La logistique et les opérations liées au tournoi représentaient environ 8 000 tCO2e, soit 0,3 % des émissions du tournoi. |
| Empreinte carbone totale | ~2,7 MtCO2e estimées par les organisateurs |
https://digitalhub.fifa.com/m/3756a3d1bce5e27a/original/educsd2hgasief3yeoyt-pdf.pdf
Avec 12 villes hôtes réparties sur un immense territoire, la coupe du monde 2014 au Brésil4 a fait exploser les émissions liées au transport. À elles seules, la mobilité des supporters, des équipes et des médias représentait environ 2,26 millions de tonnes de CO2e, soit 83,7 % du bilan carbone total du tournoi. Autrement dit, l'ensemble des autres postes d'émissions, comme les stades, l'énergie, l'hébergement, la logistique, le merchandising ou encore les opérations liées à l'organisation, ne représentait qu'environ 440 000 tCO2e cumulées. Une illustration frappante du poids des déplacements dans l'empreinte carbone des grandes compétitions internationales.
2018 : Et pourquoi pas un territoire encore plus grand ?
| Catégorie | Données |
|---|---|
| Localisation | Russie |
| Énergie dépensée | Les organisateurs ont compensé 100 % des émissions incompressibles relevant directement de leur responsabilité via des projets certifiés de réduction des émissions. |
| Déplacements | Les très longues distances entre villes hôtes et les transports internationaux constituent le principal poste d’émissions du tournoi |
| Infrastructures | Les 12 stades du tournoi ont été conçus ou rénovés selon un nouveau standard russe de construction durable développé pour l'événement. |
| Streaming / diffusion | Diffusion mondiale dans plus de 200 pays et forte consommation numérique liée au tournoi |
| Équipements | 456,8 tonnes de déchets ont été collectées et recyclées pendant la compétition. |
| Sponsors / publicité | Très forte médiatisation internationale et campagnes marketing mondiales |
| Empreinte carbone totale | ~2,16 MtCO2e selon le rapport officiel de durabilité du tournoi |
https://digitalhub.fifa.com/m/5afd3d89f0e69eb/original/ya7pgcyslxpzlqmjkykg-pdf.pdf
Au même problème, les mêmes maux. Organisée dans 11 villes réparties sur l’immense territoire russe, la Coupe du Monde 2018 en Russie5 s’est appuyée sur les transports longue distance, aussi bien pour les supporters que pour les équipes et les médias. Si le rapport de durabilité publié pour l’édition 2018 est particulièrement détaillé sur les questions sociales, environnementales et de gouvernance, il fournit relativement peu de données chiffrées permettant de répartir précisément les émissions de CO2 par poste.
2022 : le mondial le plus contesté sur le plan climatique
| Catégorie | Données |
|---|---|
| Localisation | Qatar |
| Énergie dépensée | Les stades climatisés et les infrastructures de refroidissement représentaient une part importante de la consommation énergétique du tournoi. |
| Déplacements | Environ 1,89 MtCO2e, soit 52 % des émissions officielles du tournoi, principalement liées aux vols internationaux des supporters. |
| Infrastructures | Environ 650 000 tCO2e, soit 18 % des émissions officielles, liées aux stades et autres infrastructures ; un chiffre contesté par plusieurs ONG. |
| Streaming / diffusion | Audience numérique mondiale record et diffusion dans le monde entier. |
| Équipements | L'hébergement représentait environ 870 000 tCO2e, soit 24 % des émissions du tournoi. |
| Sponsors / publicité | Les autres opérations du tournoi représentaient environ 220 000 tCO2e, soit 6 % des émissions officielles. |
| Empreinte carbone totale | Entre ~3,6 et ~3,8 MtCO2e selon les estimations. |
https://inside.fifa.com/tournament-organisation/world-cup-2022-sustainability-report
La coupe du monde 2022 au Qatar6 a reposé sur un modèle très énergivore, notamment à cause de la climatisation des stades et des nombreuses constructions réalisées pour le tournoi.
Les organisateurs ont toutefois présenté l’événement comme le premier “mondial neutre en carbone” (ce n’est pas une blague). Une affirmation contestée par plusieurs ONG et experts du climat, qui estiment que certaines émissions auraient été largement sous-évaluées, notamment celles liées à la construction des stades.
Bon à savoir
Pour afficher un bilan « neutre en carbone », la Fédération internationale n'a pas comptabilisé la totalité du CO2 émis pour construire les nouveaux stades. Elle a divisé l'impact de la construction par leur durée de vie théorique (60 ans), pour n'attribuer au tournoi que la part correspondant à son unique mois de compétition. Grâce à ce tour de passe-passe, les émissions liées à la construction ont été artificiellement divisées par 7207 (rien que ça).
2026 : le mondial de tous les records… carbone inclus
| Catégorie | Données |
|---|---|
| Localisation | USA / Canada / Mexique, 16 villes hôtes |
| Énergie dépensée | Forte consommation énergétique attendue liée aux stades, transports, fan zones et infrastructures numériques |
| Déplacements | Le transport aérien devrait constituer l’écrasante majorité des émissions en raison des distances entre villes hôtes et de l’élargissement du tournoi à 48 équipes |
| Infrastructures | Modernisation de nombreux stades et infrastructures de transport à travers trois pays |
| Streaming / diffusion | Audience numérique mondiale record attendue et hausse continue des usages liés au streaming |
| Équipements | Production mondiale massive de merchandising et d’équipements sportifs |
| Sponsors / publicité | Campagnes marketing mondiales à très grande échelle autour d’un tournoi élargi |
| Empreinte carbone totale | ~9 MtCO2e projetées selon plusieurs estimations climatiques |
La coupe du monde 2026 organisée aux USA, au Canada et au Mexique8 pourrait devenir la plus émettrice de l’histoire.
Avec un format élargi à 48 équipes et 104 matchs, les déplacements aériens entre les nombreuses villes hôtes devraient faire fortement augmenter l’empreinte carbone du tournoi. Plusieurs analyses environnementales projettent ainsi un bilan proche de 9 MtCO2e, soit plus de trois fois les émissions estimées de la coupe du monde 2010 en Afrique du Sud et plus du double de celle du tournoi 2022 au Qatar.
L’énergie : un pilier souvent oublié de l’empreinte carbone des compétitions
Quand on pense à l’impact écologique d’une coupe du monde de football, les avions viennent immédiatement en tête et c’est logique. Toutefois, l’énergie consommée pendant la compétition joue aussi un rôle majeur9.
Des stades de plus en plus gourmands en énergie
Les stades modernes consomment énormément d’électricité. Éclairage ultra-puissant pour la télévision, écrans géants, sécurité, restauration, ventilation ou climatisation, chaque match mobilise des infrastructures énergétiques massives.
La coupe du monde 2022 au Qatar en est l’exemple parfait avec l’utilisation de stades climatisés dans un environnement désertique.La consommation exacte des stades climatisés du Qatar n’a jamais été détaillée publiquement dans les rapports officiels. Une étude académique10 estimait toutefois les besoins de refroidissement à environ 115 MWh par match, soit plus de 7 GWh sur l’ensemble de la compétition. À titre de comparaison, cela correspond à la consommation annuelle d’électricité de plusieurs centaines de foyers français.
Le streaming change aussi la donne
Une coupe du monde ne se regarde plus uniquement à la télévision. Aujourd’hui, les matchs sont suivis sur smartphones, ordinateurs, plateformes de streaming et réseaux sociaux partout dans le monde.
Derrière chaque action regardée en direct, il faut alimenter les centres de données et les millions d’écrans connectés simultanément.
Avec l’explosion des usages numériques, cette consommation énergétique indirecte prend une place de plus en plus importante dans le bilan carbone des compétitions sportives, sans que celui-ci ne puisse être correctement mesuré.
L’électricité renouvelable pour réduire une partie de l’impact

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Comment rendre ces événements moins polluants ?
Même si une coupe du monde de football reste un événement très émetteur, plusieurs éléments permettent de réduire fortement son impact environnemental. Selon The Shift Project11 et son rapport “Décarbons le sport”, les transports représentent aujourd’hui le principal poste d’émissions du sport professionnel, loin devant les stades eux-mêmes.
Les énergies renouvelables
Les stades, les écrans géants, les retransmissions, les centres de données, la climatisation, tout cela peut être alimenté par des énergies renouvelables. L’amélioration de l’efficacité énergétique des infrastructures joue aussi un rôle important.
Les transports
C’est aujourd’hui le plus gros enjeu climatique des grandes compétitions sportives.
Les déplacements représentent à eux seuls environ la moitié des émissions du football et du rugby.
Pour réduire cet impact, il faudrait privilégier des pays hôtes avec des stades plus proches les uns des autres ou concentrer les évènements dans une région au sein du même pays s’il est immense. Le développement des transports en communs comme le train peuvent aussi aider à réduire le bilan carbone.
Le format des compétitions compte aussi énormément. Plus il y a d’équipes, de matchs et de pays organisateurs, plus les émissions explosent.
Les infrastructures et matériaux
Construire un stade génère énormément de dioxyde de carbone, notamment à cause du béton et de l’acier. Rénover des stades déjà existants, utiliser des matériaux bas carbone, construire des infrastructures réutilisables ou éviter les “stades fantômes” après la compétition sont autant de solutions pour pallier ce problème.
Prolonger la durée de vie des infrastructures et équipements sportifs est le levier principal concernant ce secteur d'émissions.
Le numérique et le streaming
Les compétitions modernes reposent désormais sur une consommation numérique massive sur les réseaux sociaux ou en streaming.
Optimiser les infrastructures numériques et alimenter les serveurs avec une électricité moins carbonée permettrait de limiter une partie de cet impact énergétique.
Les équipements et le merchandising
Maillots, goodies, chaussures, ballons, objets promotionnels, la fabrication des articles de sport représente aussi une part importante des émissions. Il vaut donc mieux privilégier un maillot ou une écharpe que l’on pourra remettre qu’un objet inutile qui sera jeté juste après le coup de sifflet final.
L’alimentation et les déchets
L’alimentation proposée dans les stades et fan zones possède également une empreinte carbone importante.
Réduction du gaspillage alimentaire, limitation du plastique jetable, tri des déchets ou menus comportant moins de produits animaliers font partie des leviers régulièrement évoqués pour réduire l’impact global des événements sportifs.
Repenser les compétitions internationales
La question du transport aérien reste centrale. Le rapport estime que certains trajets intercontinentaux représentent à eux seuls une immense partie des émissions des compétitions internationales.
Pour le rapport, organiser des compétitions plus régionales, réduire les déplacements longue distance, alléger le calendrier, diminuer le nombre de matchs et privilégier des formats plus compacts peuvent faire partie des pistes à explorer.
Comment soutenir les Bleus en prenant soin de notre planète ?
Allez les bleus ! Cela vaut aussi pour notre planète qui partage la couleur de notre maillot ! Alors, pour encourager notre équipe, et notre maison à tous·tes, on économise la matière, pas les cris !
À lire aussi
Comment faire du sport en respectant l’environnement ?
Éviter l’avion pour les déplacements courts
Pour les (rares) supporter·ices qui assistent à un match ou regardent une rencontre dans une autre ville, il vaut toujours mieux privilégier le train. En plus, cela permettra de découvrir une partie du continent américain ! Pour les sportifs et les médias, soyons réalistes toutefois, entre les USA, le Mexique et le Canada, cela va être compliqué.
Pour celle·ceux qui restent ici, les transports en commun sont le moyen de commencer la fête en chemin pour la fan-zone ou le bar.
Selon Carbone 4, le transport reste le principal poste d’émissions des grands événements sportifs12.
Regarder les matchs à plusieurs
Un écran pour dix personnes consomme moins que dix écrans allumés chacun de son côté et c'est bien plus sympa en plus !
Organiser une soirée match entre ami·e·s, en famille, dans un bar ou dans une fan zone accessible à pied ou en transports permet de mutualiser une partie de la consommation énergétique tout en s’amusant. Un match de foot, seul·e, c’est toujours moins drôle, à moins de vouloir analyser le match comme Pep Guardiola (le meilleur entraîneur du monde, je ne suis pas ouvert au débat).
Limiter le streaming inutile
Le streaming vidéo possède aussi un impact énergétique, surtout en très haute définition.
Un seul écran en streaming suffit. Pas besoin de regarder 15 chaînes différentes pour voir le but avant les autres. Et si on est chez nous, on privilégie toujours le wi-fi plutôt que la 4G/5G.
Éviter les gadgets jetables
Drapeaux en plastique, goodies à usage unique, décorations rapidement jetées, le merchandising sportif génère beaucoup de déchets. Alors qu’e, un maillot ou une écharpe d’une équipe, ça se garde et cela peut même se porter dans la vie de tous les jours !
L'explosion de l'empreinte carbone des Coupes du monde, de 2006 jusqu'aux records attendus en 2026, impose un changement de modèle. Pour que le football reste une fête, il faut rapidement changer de cap. Toutefois, les supporter·ices que nous sommes avons aussi un rôle à jouer. La Coupe du Monde a besoin de nous, on peut donc la changer, par nos habitudes de consommation comme par nos exigences.
- https://www.fifa.com/fr/tournaments/mens/worldcup/canadamexicousa2026/articles/coupe-du-monde-de-la-fifa-tournoi-en-constante-evolution
- https://www.oeko.de/oekodoc/292/2006-011-en.pdf
https://www.boell.de/en/2014/06/17/world-cup-must-be-sustainable-mostly-rhetoric https://ecolosport.fr/wp-content/uploads/2025/02/dirty_tackle_the_growing_carbon_footprint_of_football.pdf - https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2773167723000031#bib6
- https://www.unep.org/news-and-stories/press-release/unep-evaluation-2010-world-cups-green-performance-shows-south-africa
- https://news.un.org/en/story/2012/10/423182
https://fr.scribd.com/document/33629075/FeasibilityStudyforaCarbonNeutral2010FIFAWorldCup
https://ecolosport.fr/wp-content/uploads/2025/02/dirty_tackle_the_growing_carbon_footprint_of_football.pdf - https://www.dffe.gov.za/sites/default/files/docs/strategy.framework/ccaq/westerncape_2010worldcup_greengoallegacyreport.pdf
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- https://carbonmarketwatch.org/publications/poor-tackling-yellow-card-for-2022-fifa-world-cups-carbon-neutrality-claim/
- https://www.sgr.org.uk/resources/2026-fifa-men-s-world-cup-be-most-polluting-ever
https://ecolosport.fr/wp-content/uploads/2025/02/dirty_tackle_the_growing_carbon_footprint_of_football.pdf - https://www.carbone4.com/empreinte-carbone-des-grands-evenements-internationaux
- https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S2210670714000857
- https://theshiftproject.org/publications/decarboner-sport/
- https://www.carbone4.com/empreinte-carbone-des-grands-evenements-internationaux





