
Passoires thermiques : quel est le calendrier des interdictions de location ?
Le 20 août 2023, un décret d’application publié au Journal Officiel, est venu entériner définitivement la loi Climat et résilience de 2021 sur l’interdiction progressive de louer les logements les plus énergivores en France, aussi appelés les passoires thermiques ou passoires énergétiques. Les passoires thermiques sont des logements énergivores qui offrent en saison froide un faible confort de chauffe et qui se transforment en saison chaude en véritables bouilloires thermiques.
Dans une optique de lutte contre la précarité énergétique, les autorités ont donc décidé de les supprimer. Et pour ce faire, ils ont mis en place un calendrier. Celui-ci varie selon les territoires. Seulement voilà, depuis 2023, la situation a évolué. Certaines échéances sont déjà passées, d’autres approchent… Si bien que le calendrier des interdictions de location liées au DPE mérite de plus amples explications. C’est parti ! 🏠
5 septembre 2023
·Mise à jour le 14 septembre 2026 à 18:00
Lecture 6 mn
À retenir
La location des passoires thermiques est progressivement interdite en France métropolitaine et en Outre-mer. Le calendrier s’étend entre 2023 et 2034.
Pour améliorer la classe énergétique du DPE, il est possible de réaliser des travaux de rénovation thermique.
Des aides permettent de financer une partie du chantier de rénovation.
Qu’est-ce que l’interdiction de location liée au DPE ?
Depuis la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, la performance énergétique s’ajoute à la liste des critères de décence d’un logement, au même titre que la surface minimale ou l’absence de risque pour la santé¹. Le 1er janvier 2023, le gouvernement a donc mis en place un critère de « décence » pour identifier les logements les plus énergivores en France. Est considéré décent, un logement dont la consommation d’énergie finale (chauffage, eau chaude, éclairage, ventilation, refroidissement…) par m² et par an n’excède pas les 450 kilowattheures (kWh).
À l’inverse, tout logement ayant une consommation d’énergie finale supérieure à ces chiffres est considéré indécent et impropre à la location. C’est le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) obligatoire qui permet d’estimer cette consommation d’énergie. Ainsi, si le logement que vous souhaitez louer possède un DPE indiquant une consommation d’énergie finale supérieure à 450 kWh/m²/an, vous ne pourrez pas le proposer à la location.
Depuis le 1er janvier 2025 tous les logements classés G au DPE sont interdits à la mise en location dans l’Hexagone.
Autre règle à connaître, souvent oubliée : le gel des loyers. Depuis le 24 août 2022, les logements classés F ou G au DPE ne peuvent plus faire l’objet d’une augmentation de loyer dans le cadre d’une location. On parle d’encadrement ou de gel des loyers².
Et si un logement indécent est malgré tout loué ? Le·la locataire dispose de recours, à savoir procéder la saisine de la commission départementale de conciliation, puis celle du juge.
Le·la juge peut ordonner les travaux, demander la diminution du loyer ou en suspendre le paiement. La CAF ou la MSA peuvent de leur côté conserver l'allocation logement pendant 18 mois maximum, le temps que le logement redevienne décent³.

Le calendrier des interdictions à la location
Quand les logements sont-ils interdits à la location ? Excellente question ! 😉
Pour vous répondre, sachez qu’il existe deux calendriers :
- un pour la France métropolitaine, où les premières échéances sont déjà derrière nous,
- une pour les Outre-mer, qui bénéficient d’un décalage par rapport à la Métropole.
Voici les dates à retenir de chaque côté.
En France métropolitaine
Top départ en janvier 2023 en métropole : les logements les plus énergivores classés G+ sont interdits à la mise en location. Depuis 2025, cette interdiction a été étendue aux logements G. Prochaine échéance en 2028 pour les logements classés F :
Janvier 2023 | Interdiction de location des logements de classe G+ | |
Janvier 2025 | Interdiction de location des logements de classe G | |
Janvier 2028 | Interdiction de location des logements de classe F | |
Janvier 2034 | Interdiction de location des logements de classe E |
Autrement dit, un logement classé F qui se loue encore aujourd’hui peut rester sur le marché locatif jusqu’à la fin de l’année 2027. Cela laisse un peu plus d’un an pour faire réaliser un audit, choisir des artisan·es et lancer un chantier. ⏳
En Outre - mer
En Outre-mer, le calendrier a été adapté. La première échéance aura lieu en 2028 et se poursuivra jusqu’en 2034 :
Janvier 2028 | Interdiction de location des logements de classe G | |
Janvier 2031 | Interdiction de location des logements de classe F | |
Janvier 2034 | Interdiction de location des logements de classe E |
Ce décalage tient compte du climat et de la spécificité du bâti ultramarin. En Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion et à Mayotte, les seuils de décence énergétique sont fixés « à compter du 1er janvier 2028, entre les classes A et F ; à compter du 1er janvier 2031, entre les classes A et E » d’après l’ANIL (Agence Nationale d’Information sur le Logement)⁴.
Bon à savoir
En métropole comme en Outre-mer, cette mesure ne concerne que les nouveaux contrats de location et les renouvellements ou reconductions tacites de contrats.
Les cas particuliers
À chaque réforme, ses exceptions. Le décret précise également quels logements peuvent être exemptés de ces interdictions de location. Il s’agit des biens, dont les travaux de rénovation énergétique « font courir un risque de pathologie du bâti ». Ce dernier doit être évalué par un professionnel habilité tel qu’un diagnostiqueur.
D’autres situations échappent, en tout ou partie, au calendrier présenté plus haut :
- Les logements de moins de 40 m² bénéficient de seuils ajustés depuis le 1er juillet 2024. La méthode de calcul pénalisait mécaniquement les petites surfaces, dont le ballon d’eau chaude pèse très lourd rapporté au mètre carré. Environ 140 000 logements sont sortis du statut de passoire thermique grâce à cette correction.⁵
- Les logements chauffés à l’électricité vont profiter de la baisse du coefficient de conversion en énergie primaire. Ce coefficient sert à calculer la quantité d’énergie primaire, c’est-à-dire l’énergie nécessaire au départ pour produire et fournir l’électricité consommée dans un logement. Il était fixé à 2,3 en 2021, puis il est passé à 1,9 en 2026.⁶ À partir du 1er janvier 2027, il descendra à 1,7, conformément à l’arrêté du 19 août 2026. Cette baisse profite au DPE de nombreux logements chauffés à l’électricité.
- Les DPE déjà réalisés restent valables après ce changement. Aucun logement ne verra son étiquette dégradée et l’Ademe mettra à disposition une attestation actualisée gratuite, sans refaire le diagnostic.⁷
- Les logements contraints par le bâti bénéficient d’une exception supplémentaire. Cela concerne les logements où certains travaux de rénovation énergétique sont impossibles à cause de contraintes architecturales ou patrimoniales. Par exemple, les caractéristiques d’un bâtiment ancien ou protégé peuvent empêcher de modifier sa façade. Dans ce cas, le·la juge ne peut pas obliger le·la propriétaire à réaliser des travaux permettant d’atteindre le niveau de performance énergétique demandé. C’est également le cas lorsque l’administration refuse les modifications nécessaires sur les parties extérieures du bâtiment.
- Les meublés de tourisme et les locations saisonnières ne sont plus concernés par le dispositif de décence énergétique. Ils ne sont pas non plus concernés par le gel des loyers.
À noter également : le projet de loi sur la relance et la décentralisation du logement a été adopté par le Sénat le 8 juillet 2026, puis transmis à l’Assemblée nationale le 9 juillet 2026. Ce texte prévoit notamment de faire évoluer les obligations de conformité énergétique des logements loués.
Pour le moment, rien ne change : tant que le projet de loi n’est pas définitivement voté, le calendrier présenté plus haut continue de s’appliquer. Cependant le texte pourrait faire évoluer certaines règles à l’avenir. On garde donc un œil dessus 👀
Les travaux à réaliser pour continuer à louer une passoire thermique
Sortir un logement de la catégorie des passoires thermiques demande rarement de réaliser un seul type de travaux. Changer uniquement les fenêtres ou installer un nouveau chauffage ne suffit généralement pas.
L’objectif est plutôt de réaliser une rénovation d’ampleur ou rénovation globale. De quoi s'agit-il ? De quoi s’agit-il ? 🤔
Il s’agit de réaliser plusieurs travaux ensemble pour améliorer la performance énergétique du logement.
Par exemple, installer un chauffage très performant dans une maison mal isolée reste peu efficace : une partie importante de la chaleur produite s’échappe par le toit, les murs ou les fenêtres. À l’inverse, mieux isoler le logement sans prévoir une ventilation adaptée peut favoriser l’humidité.
Pour améliorer le DPE de son logement, il faut donc suivre cette logique de rénovation d’ensemble.
L’audit énergétique, étape préalable indispensable
Le DPE évalue principalement la performance énergétique du logement. L’audit énergétique va plus loin en proposant des travaux adaptés au bâtiment pour améliorer cette performance. En quelque sorte, c’est un plan d’action.
Il propose au minimum deux scénarios de travaux, c’est-à-dire plusieurs parcours possibles pour rénover le logement. L’un de ces scénarios doit permettre d’atteindre la classe B. L’audit fournit également une estimation du coût des travaux. C’est bien pratique pour prévoir son budget ! ☺️
Bon à savoir : Lors de la vente d’un logement classé F ou G au DPE, un audit énergétique est obligatoire depuis le 1er avril 2023. Cette obligation concerne notamment les maisons individuelles ainsi que les appartements situés dans des immeubles en monopropriété. Depuis le 1er janvier 2025, l’audit énergétique est également obligatoire lors de la vente des logements classés E concernés par le dispositif.
Engager une rénovation énergétique performante
En principe, la rénovation doit permettre d’atteindre une classe énergétique A ou B. Lorsque le logement est initialement classé F ou G, l’objectif peut être ramené à la classe C.
Pour y parvenir, la rénovation doit prendre en compte six postes de travaux :
- L’isolation de la toiture ou des combles : elle permet de limiter les pertes de chaleur par le haut du bâtiment.
- L’isolation des murs : elle peut être réalisée par l’intérieur ou par l’extérieur, selon les caractéristiques et les contraintes du bâtiment.
- L’isolation des planchers bas : elle limite notamment les pertes de chaleur vers une cave, un garage ou un vide sanitaire.
- Le remplacement des menuiseries : les menuiseries désignent ici principalement les fenêtres et les portes donnant sur l’extérieur. Des modèles plus performants limitent les pertes de chaleur.
- La ventilation : elle permet de renouveler l’air et d’évacuer l’humidité. Elle devient particulièrement importante lorsque le logement est mieux isolé et donc plus étanche à l’air.
- Le chauffage et l’eau chaude sanitaire : il peut s’agir, par exemple, d’installer une pompe à chaleur ou de raccorder le logement à un réseau de chaleur. L’eau chaude sanitaire désigne simplement l’eau chaude utilisée pour la douche, les robinets ou la cuisine.
Tous ces travaux, ça peut valoir une coquette somme. Heureusement, il existe des aides à la rénovation. Restez avec nous, on vous les présente tout de suite.
Les aides pour rénover une passoire thermique
Voici les dispositifs mobilisables :
| Dispositif | Montant maximal | Principaux critères d'éligibilité |
|---|---|---|
| MaPrimeRénov' rénovation d |
80 % des travaux pour les ménages très modestes
60 % pour les modestes
45 % pour les revenus intermédiaires
10 % pour les revenus supérieurs
Dans la limite de 30 000 € HT de dépenses pour un gain de deux classes et de 40 000 € HT pour un gain de trois classes |
Logement classé E, F ou G
Construit depuis au moins 15 ans
Gain d'au moins deux classes
Deux gestes d'isolation
Aucun chauffage au gaz, au fioul ou au charbon conservé
Location en résidence principale pendant six ans
|
| MaPrimeRénov' parcours pa |
Montant forfaitaire par équipement, selon les revenus. |
Logement construit depuis au moins 15 ans
Location en résidence principale pendant six ans
|
| Éco-prêt à taux zéro |
50 000 € de travaux remboursables sur 20 ans sans intérêts |
Aucune condition de ressources
Logement acheté depuis plus de deux ans
Occupé en résidence principale
|
| Certificats d'économies d'éné |
Prime variable, fixée par le fournisseur d'énergie selon les travaux |
Cumulables avec MaPrimeRénov'
Logement construit depuis plus de 2 ans
|
| Loc'Avantages |
Réduction d'impôt de 15 à 65 % selon la décoté consentie sur le loyer |
Convention avec l'Anah de six ans minimum
Logement classé au moins E, ou D lorsque des travaux sont réalisés
Dispositif ouvert jusqu'au 31 décembre 2027
|
Et pour piloter la consommation du logement une fois les travaux terminés, l’app Ekwateur vous suit au quotidien. Il suffit de la télécharger en quelques instants et le tour est joué. De quoi réduire toujours plus les factures d’énergie ! On vous laisse la recommander à vos locataires. 😉

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FAQ
L’interdiction s’applique-t-elle à un bail en cours ?
Peut-on vendre un logement interdit à la location ?
- https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/location-gel-loyers-passoires-energetiques
- https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/location-gel-loyers-passoires-energetiques
- https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/location-gel-loyers-passoires-energetiques
- https://www.anil.org/aj-logement-decent-performance-energetique/
- https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/diagnostic-performance-energetique-dpe
- https://rt-re-batiment.developpement-durable.gouv.fr/faq-dpe-modification-du-facteur-de-conversion-en-a1021.html
- https://rt-re-batiment.developpement-durable.gouv.fr/faq-dpe-modification-du-facteur-de-conversion-en-a1021.html





