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Conflit au Moyen-Orient : le prix du gaz va-t-il augmenter ?

Les tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis ont franchi un nouveau cap depuis la fin du mois de février. Le 28 février 2026, Washington et Tel-Aviv ont lancé contre l’Iran l’«Operation Epic Fury»¹. Présentée comme une offensive d’ampleur appelée à durer, elle pourrait s’inscrire dans un conflit d’au moins un mois selon les déclarations du président Trump².

Face à cette offensive, les autorités iraniennes ont annoncé interdire le passage des navires dans le détroit d’Ormuz³. En 2024, environ 20 millions de barils de pétrole par jour transitaient par celui-ci, soit près de 20 % de la consommation mondiale⁴. Environ un cinquième du commerce mondial de gaz naturel liquéfié y passe également, principalement en provenance du Qatar⁵⁻⁶.

La question qu’on se pose tous·tes est simple : faut-il s’attendre à une hausse de la facture de gaz en France ?

Ce qu'il faut retenir


Pourquoi le détroit d’Ormuz peut peser sur le prix du gaz

Le blocage d’Ormuz touche directement les échanges de gaz : près de 20 % du commerce mondial de GNL (Gaz Naturel Liquéfié) passe par ce couloir maritime. Toutefois, les volumes ne sont qu’une partie du problème.

Le lien entre pétrole et gaz

Même si c’est de moins en moins le cas en Amérique du Nord et en Europe, une partie des contrats de gaz dans le monde (surtout en Asie) reste indexée sur le pétrole7. Dans ces contrats, le prix du gaz est calculé à partir d’une formule qui suit l’évolution du baril⁷.

Si le prix du pétrole croît fortement en raison d’un blocage d’Ormuz, celui du gaz augmente aussi, avec un décalage de quelques mois. Même si tous les contrats ne sont plus indexés sur le pétrole, le lien reste structurel⁸.

La facture n'attend pas la pénurie pour grimper

Les marchés n’attendent pas la pénurie. Ils l’anticipent.

Si le détroit d’Ormuz devient une zone à risque (l’histoire récente montre qu’il a déjà été le théâtre de minages, d’arraisonnements (contrôles du contenu des navires) et d’attaques contre des navires commerciaux)⁶, transporter du GNL coûte plus cher. Les assureurs augmentent leurs primes, les armateurs (ceux·elles qui gèrent les navires) facturent davantage et les vendeurs intègrent cette incertitude dans les prix de leurs offres.

Le gaz peut continuer à circuler. Pourtant, son prix augmente parce que le risque augmente.

Comment un blocage devient une hausse de facture

Quand le prix du pétrole grimpe, les marchés anticipent des tensions, le transport coûte plus cher, et les prix du gaz suivent.

L’Europe est aujourd’hui moins exposée qu’auparavant aux mécanismes d’indexation du pétrole. Toutefois, sa dépendance au GNL mondial la rend plus sensible aux tensions internationales via les marchés de gros⁹ (marché où de très grandes quantités de gaz sont achetées et vendues entre professionnels). Et c’est là que se situe le risque principal pour nous autres.

Ce que montre cette crise, c’est qu’un marché mondial peut encore basculer sur une décision politique. Et parfois, sur l’humeur d’un·e dirigeant·e.

Comment les marchés ont-ils réagi depuis le début du conflit ?

Et comme on pouvait s’y attendre, les réactions ne sont pas restées théoriques.
Le 2 mars 2026, après l’annonce par QatarEnergy de la suspension de sa production de GNL à la suite de représailles iraniennes, le prix du gaz européen s’est envolé¹⁰.

Le contrat à terme TTF néerlandais, la référence en Europe, a bondi de plus de 50 %, atteignant près de 47,7 €/MWh, son plus haut niveau depuis février 2025¹¹. Même si on reste très loin des sommets de 2022 (plus de 300 €/MWh)¹², le signal est clair : le marché réagit immédiatement à la moindre perturbation du GNL qatari.

Faut-il craindre une flambée comme en 2022 ?

Pour l’instant, les niveaux restent contenus. Chez Ekwateur, nous avons observé l’évolution des marchés depuis le début du conflit. Lundi, le prix du gaz sur le marché de gros oscillait entre 35 et 40 €/MWh, contre 32 €/MWh avant l’escalade¹³.

Pour comprendre ce que cela signifie concrètement pour les consommateurs·ices, nous avons sollicité l’analyse de David, que je remercie pour son éclairage (à l’énergie verte bien sûr), Directeur de la gestion de l’énergie chez Ekwateur, en charge des achats d’énergie :

« Concernant le conflit au Moyen-Orient, les client·e·s ayant souscrit une offre à prix fixe ne verront pas d’impact sur leur facture. En revanche, les clients à prix variable peuvent être impactés par la hausse des prix du marché. À ce stade, il y a encore beaucoup d’incertitudes sur la durée du conflit et sur l’impact de la hausse des prix du pétrole et du gaz. » - source interne.

Autrement dit, tout dépendra de la durée et de l’ampleur du choc.

Une secousse ponctuelle peut provoquer une flambée temporaire suivie d’un retour au calme.
Une crise structurelle, a contrario, installe la tension dans la durée, comme en 2022 lorsque la rupture des flux russes avait durablement déséquilibré le marché européen.

À ce stade, il y a encore beaucoup d’incertitudes (et j’ai beau analyser les traces de marc de café au fond de ma tasse, je ne vois rien).

Les stocks européens permettent-ils d’absorber le choc ?

Quel est le niveau des réserves aujourd’hui ?

Au 28 février, les stocks de gaz européens ne sont pas à sec. En France, les réserves sont remplies à 21,5 %. À l’échelle de l’Union Européenne, le taux moyen atteint environ 30 %¹⁴.

Ces niveaux sont proches de ceux observés les années précédentes à la même période. L’Europe sort progressivement de la saison de chauffage, moment où la consommation est la plus élevée.

Concrètement, il n’y a pas de rupture immédiate d’approvisionnement.

Peut-on finir l’hiver sans tension ?

À court terme, les stocks sont jugés suffisants pour passer la fin de l’hiver. La Commission européenne a d’ailleurs indiqué ne pas anticiper de risque immédiat de pénurie¹¹.

Il faut cependant distinguer deux choses :

  • La sécurité d’approvisionnement, qui dépend des volumes physiques disponibles ;
  • Le niveau des prix, qui dépend des marchés et des anticipations.

Même avec des réserves correctes, les prix peuvent rester volatils si le conflit s’installe. Les marchés regardent surtout vers demain, pas seulement aujourd’hui.

Votre facture de gaz va-t-elle augmenter ?

  • Offre à prix fixe : non, le tarif reste inchangé pendant la durée du contrat, même si les marchés montent. Pas d’impact immédiat sur la facture ;
  • Offre à prix variable : peut-être sur du moyen ou long terme, car le prix suit le marché de gros. Si la tension dure, la hausse peut se répercuter.

💡 Bon à savoir : certains contrats de gaz sont indexés sur le prix repère publié chaque mois par la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Comme ce prix évolue mensuellement, toute variation du marché se répercute généralement sur la facture dès le mois suivant.

À lire aussi

Quelle est la différence entre “prix fixe” et  “prix indexé sur les marchés” ?

Comment réduire durablement notre dépendance aux pays exportateurs ?

Les crises internationales rappellent une réalité simple : tant que nous dépendons du gaz fossile importé, nous restons exposés aux tensions géopolitiques. Deux leviers structurent la trajectoire française pour s’émanciper des énergies fossiles.

Le biométhane, une production locale

Le biométhane est produit en France à partir de déchets organiques agricoles et alimentaires. Injecté dans le réseau existant, il permet de substituer une partie du gaz fossile importé par une alternative renouvelable et locale.

Il possède trois super-pouvoirs : 

1️⃣ il réduit la dépendance aux grands pays exportateurs comme le Qatar, les États-Unis ou la Norvège¹⁵

2️⃣ il est environ dix fois moins carboné que le gaz naturel fossile¹⁶

3️⃣ il contribue à l’économie circulaire, tout en générant des boucles de résilience locale (valorisation des déchets ménagers ou agricoles, production de gaz local, soutien aux agriculteurs,...)

C’est un levier stratégique à la fois climatique et énergétique

C’est pourquoi chez Ekwateur, nous proposons des offres de biométhane à prix fixe. Le principe est simple : le prix du kWh est bloqué pendant la durée du contrat, même si les cours montent.

Avantages

OK Vous payez le même prix du kWh pendant 1 an
OK Vous êtes protégé·e des hausses du prix de l'énergie : pas de fluctuations !
OK Pas d'imprévu, vous avez de la visibilité sur votre budget

À savoir

NON Seul le prix kWh HT est fixe, les taxes peuvent évoluer

Bon à savoir

vous avez la possibilité de choisir entre 15% et 100% de biométhane :

  • 15 % biométhane : une partie de votre consommation est couverte par du biométhane produit en France et injecté sur le réseau, à travers le système des GO ;
  • 100 % biométhane : l’équivalent de toute votre consommation (gaz et Garanties d'origine) est acheté auprès de producteurs français (chez nous, c’est à la centrale de Montois-la-Montagne, en Moselle).

Changez d'énergie en 5 min

Passez à une offre de gaz 100 % renouvelable, sans engagement sans coupure, et réduisez votre empreinte carbone et votre facture.

Stabiliser la facture tout en soutenant une énergie produite en France, qui valorise nos déchets organiques, nous fait gagner en indépendance énergétique, et réduit notre empreinte carbone, c’est une action qui compte triple !

L’électrification des usages

L’autre axe est l’électrification progressive des usages, inscrite dans la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie - PPE 3¹⁷ -. Concrètement, cela consiste à remplacer  la consommation d’énergies fossiles par de l’électricité. En France, c’est un atout : notre électricité est largement décarbonée en plus d’être l’une des moins chères de l’UE¹⁷. 

Cette crise montre que le sujet de l’énergie dépasse largement la technique ou les marchés. À court terme, inutile de paniquer ; à moyen terme, il faut s’engager dans une production plus locale et choisir un contrat adapté (comme un contrat à prix fixe) qui reste la meilleure façon de protéger sa facture.

Difficile de prévoir la géopolitique, surtout avec des dirigeants aussi imprévisibles.
La stratégie énergétique, elle, ne risque pas de s’emporter dans une colère aux teintes rouge-orangées en criant “Fake News”. On peut donc fixer un cap et tenter de s’y tenir : produire davantage localement tout en consommant moins d'énergies fossiles. On le fait ensemble ?

Sources
  1. https://www.whitehouse.gov/articles/2026/03/peace-through-strength-president-trump-launches-operation-epic-fury-to-crush-iranian-regime-end-nuclear-threat/
  2. https://www.militarytimes.com/news/your-military/2026/03/02/trump-projects-war-on-iran-could-last-four-to-five-weeks/
  3. https://www.reuters.com/world/middle-east/irans-revolutionary-guards-tell-ships-passage-through-strait-hormuz-not-allowed-2026-02-28/
  4. https://www.eia.gov/international/analysis/special-topics/World_Oil_Transit_Chokepoints
  5. https://wits.worldbank.org/trade/comtrade/en/country/All/year/2023/tradeflow/Imports/partner/QAT/product/271111
  6. https://www.connaissancedesenergies.org/afp/detroit-dormuz-rappels-sur-ce-passage-strategique-sous-haute-tension-260228
  7. https://www.oecd.org/content/dam/oecd/en/publications/reports/2015/12/developing-a-natural-gas-trading-hub-in-asia_g1g5f48a/9789264247451-en.pdf
  8. https://www.oecd.org/content/dam/oecd/en/publications/reports/2015/12/developing-a-natural-gas-trading-hub-in-asia_g1g5f48a/9789264247451-en.pdf
  9. https://www.iea.org/reports/how-to-avoid-gas-shortages-in-the-european-union-in-2023/baseline-european-union-gas-demand-and-supply-in-2023
  10. https://www.connaissancedesenergies.org/afp/qatarenergy-annonce-suspendre-la-production-de-gnl-le-prix-du-gaz-europeen-senvole-260302?utm_source=newsletter&utm_medium=fil-info-energies&utm_campaign=/newsletter/cde-aujourdhui-2-mars-2026&sstc=u49616nl184626
  11. https://www.reuters.com/business/energy/eu-policymakers-expect-no-immediate-oil-security-impact-iran-conflict-email-2026-03-02/ 
  12. https://www.esma.europa.eu/sites/default/files/2023-10/ESMA50-524821-2963_TRV_Article_the_August_2022_surge_in_the_price_of_natural_gas_futures.pdf 
  13. source interne
  14. https://agsi.gie.eu/ 
  15. https://www.consilium.europa.eu/fr/infographics/where-does-the-eu-s-gas-come-from/ 
  16. https://projet-methanisation.grdf.fr/cms-assets/2021/09/Rapport-de-synthese-Quantis_2017.pdf
  17. https://www.connaissancedesenergies.org/questions-et-reponses-energies/electricite-ou-les-menages-paient-ils-le-moins-cher-dans-lunion-europeenne

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