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La hausse du gaz a engendré une crise de l'énergie.
La hausse du gaz a engendré une crise de l'énergie.

3 idées reçues sur la crise énergétique

Les prix de l’énergie ont fortement augmenté et cela peut légitimement inquiéter les Français-es. Et lorsque l’on s’inquiète, on cherche à comprendre les causes du problème. De nombreuses idées reçues circulent sur l’origine de la crise de l’énergie.

Guerre en Ukraine, ouverture à la concurrence, nucléaire, énergies renouvelables, etc. qui est responsable de la crise ? Ekwateur vous aide à démêler le vrai du faux. 

1. La crise énergétique a débuté avec la guerre en Ukraine

On a tendance à associer crise de l’énergie et guerre en Ukraine. Pourtant, la crise de l’énergie a débuté bien avant cela. Elle prend racine dans le Covid-19. En effet, du fait de la pandémie de coronavirus, la plupart des gouvernements mondiaux ont mis en place des mesures de confinement. 

Ces mesures ont eu un impact sur l’activité économique des pays. Les industries et entreprises tournant au ralenti, la consommation mondiale de gaz et de pétrole a diminué. Le cours de ces énergies fossiles a donc fortement chuté en 2020. Rappelez-vous, le prix du baril de pétrole est descendu à moins 37,63 dollars, le 20 avril 2020 (on vous payait pour vous alimenter en pétrole, ce n’est tout de même pas banal vous ne trouvez pas ?). 

Après une forte baisse, l’activité économique a repris à l’été 2021. Les entreprises et industries, notamment en Europe et en Asie, ont recommencé à avoir besoin de gaz et de pétrole. Ce phénomène a entraîné une très forte hausse de la demande. 

En parallèle, des opérations de maintenance en mer du Nord ont limité les exportations depuis la Norvège, l’un des principaux pays producteurs de gaz et fournisseur de l’Union européenne. La Russie de son côté a volontairement réduit les exportations de gaz depuis la fin 2021. Une demande en hausse et une production ralentie, voire affaiblie, cela nous donne une hausse des prix.

En France, elle se traduit notamment par une hausse des tarifs réglementés du gaz de 57% entre janvier et septembre 2021. 

Le gaz naturel représentant presque 20% de la production d’électricité en Europe, le prix de l’électricité a bondi également. C’est le début de la crise énergétique. Ensuite, la guerre en Ukraine continue à influer sur le prix du gaz et les prix n’en finissent pas de monter. 

En effet, la Russie constituait environ 45% de l’approvisionnement en gaz naturel de l’Union européenne en 2021. En réponse aux sanctions prises par Bruxelles, la Russie a rapidement restreint ses exportations vers l’Europe. Seuls quelques pays membres de l’UE comme l’Italie et la Hongrie reçoivent encore du gaz de la part du géant de l’Est. 

Conséquence ? Les États de l’Union européenne ont dû diversifier leur approvisionnement auprès d’autres sources, comme les USA ou le Qatar, par exemple. La demande étant plus importante et l’offre plus limitée, les enchères sont montées. 

Les prix se sont donc envolés. Le prix du MWh de gaz sur les marchés de gros est passé de 44,11€ en août 2021 à 170,36€ en août 2022. 

2. La hausse des prix de l’énergie est liée à l’ouverture à la concurrence

Autre idée reçue : l’ouverture à la concurrence serait responsable de la hausse des prix de l’énergie. En effet, comme le souligne le journal économique la Tribune « À première vue, le constat est donc sans appel : avec près de 50 % d'augmentation depuis 2007, l'ouverture à la concurrence ne semble pas avoir rempli son objectif de baisse des tarifs pour le consommateur » sur le marché de l’électricité. 

En réalité, c’est plus complexe que cela. Tout d’abord, il faut rappeler que la facture d’électricité se structure en trois grandes composantes comme l’explique le Monde : 

  • La partie fourniture, à savoir, l’achat d’électricité qui représente environ 35% du montant total, à savoir le prix de l’électron ; 
  • Les taxes (33%) ; 
  • L’acheminement (32%). 

Les fournisseurs peuvent uniquement « jouer » sur les coûts liés à l’achat d’électricité. Mais, ce n’est pas le poste qui a le plus augmenté. La marge du fournisseur, qui lui permet de couvrir son coût de fonctionnement, est très faible (environ un dixième) et ne permet pas d’expliquer la hausse des prix.

La hausse des taxes

Avant tout, il faut savoir que ce sont les taxes sur l’énergie qui ont contribué à la hausse de la facture. Rien à voir donc avec la concurrence !

Ces taxes et contributions ont fait monter de 55,3% la facture d’électricité sur la période 2007-2021, selon Julien Pillot, chercheur associé au CNRS. C’est d’ailleurs un des leviers qui a été activé par le gouvernement pour mettre en place le bouclier tarifaire. Les autorités publiques ont fait passer la CSPE (Contribution au Service Public de l’Électricité) de 22,5 € le MWh à 1 € pour les ménages en 2022. 

Le poids de l’acheminement

D’après la Tribune, les tarifs d’acheminement de l’électricité, les Tarifs d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité (TURPE) sont passés de 41 €/MWh en 2007 à 53,5 €/MWh en 2020, soit 21,9% de la hausse totale. 

Ces frais servent à rémunérer les activités d’Enedis qui s’assure que l’électricité arrivera bien jusqu’à votre compteur. Ils permettent de financer la maintenance des lignes électriques et le développement du réseau. 

Quid de la fourniture ?

La fourniture représente donc 22,8% de la hausse. Cette augmentation est avant tout liée à la construction du marché européen et français. Pour s’approvisionner en électricité, les fournisseurs peuvent se tourner vers : 

  • Le mécanisme de l’ARENH (Accès Régulé à l’Énergie Nucléaire Historique) ; 
  • Les marchés de gros européens

L’ARENH garantit à tou-tes les Français-es d’avoir accès à l’électricité produite par le parc nucléaire français. Pourquoi ? Parce que tou-tes les Français-es ont participé à son financement, par leur impôts et qu’iels subissent tous-tes le risque nucléaire sur le territoire français. C’est la contrepartie ! Le mécanisme impose donc à EDF, le fournisseur historique, de vendre de l’électricité nucléaire à un prix fixé à 42€/MWh à ses concurrents, les fournisseurs alternatifs au pro-rata de leurs client-e-s. Ce dispositif permet de stabiliser les prix de l’électricité. Il est plafonné à 100 TWh d’électricité par an, et est réparti entre tous les fournisseurs qui en font la demande.

Chaque année, les fournisseurs font des demandes d’ARENH. La quantité reçue est proportionnelle à leur portefeuille de client-e-s. Quand la demande totale d’ARENH est inférieure ou égale à 100 TWh, chaque fournisseur reçoit 100% de sa demande. Lorsque la demande totale dépasse les 100 TWh, on procède à un écrêtement de l’ARENH. Chaque fournisseur reçoit un pourcentage de ses droits au dispositif. C’est ce qui s’est passé en 2022 (c'est également le cas depuis plusieurs années), chaque opérateur a reçu 62,37% de sa demande. 

En complément de cela, les fournisseurs vont se fournir sur les marchés européens où le prix du MWh peut être bien plus élevé. À titre d’exemple, sur les marchés de gros dans le contexte actuel de la crise, le MWh d’électricité s’échangeait à 152,29€ le 2 novembre 2022 à 8 heures du matin, selon RTE. 

En relevant le plafond de l’ARENH, les pouvoirs publics permettraient de limiter la part écrêtée des demandes des fournisseurs alternatifs et pourraient donc permettre à tous-tes les Français-es de bénéficier d’une électricité à moindre frais. C’est d’ailleurs ce qui a été fait pour le bouclier tarifaire 2022. Le gouvernement a rajouté 20 TWh d’électricité supplémentaire à un prix de 46,5€/MWh. Ce mécanisme n’a pas été renouvelé pour 2023.

Cette hausse du volume d’ARENH est soutenue par les fournisseurs alternatifs d’énergie, comme Ekwateur, et par la CRE (Commission de Régulation de l’Énergie), en charge de l’accompagnement de la libéralisation du marché. « Il est très important (...) qu’on donne un maximum d’Arenh pour être le minimum exposé au prix international », avait déclaré Jean-François Carenco, l’ancien président de la CRE, lors d’une conférence de presse en juin 2022. Reste à savoir comment les autorités se saisiront du sujet dans les années à venir.

On en parle plus en détail dans cet article : "Les fournisseurs alternatifs volent-ils EDF ?".

3. Nucléaire : la crise de l’énergie va entraîner des pénuries d’électricité

On en parle beaucoup : la France fait potentiellement face à un risque de coupures d’électricité (et non des « black-out », on vous en parle dans cet article sur les coupures d’électricité), cet hiver. La crise de l’énergie va-t-elle entraîner des pannes de courant gigantesques ? 

A priori, non. Cependant, le réseau électrique reste en tension pendant les périodes de froid. Ces tensions sont liées à une baisse de la production nucléaire en France. Or, le nucléaire représente 67% de notre consommation d’électricité selon RTE. Du fait de la pandémie de Covid-19, la maintenance de certaines centrales nucléaires a été reportée en 2022. Ces opérations nécessaires entraînent la fermeture momentanée de certains réacteurs. 

Alors, le risque existe, mais il ne date pas d’hier. Il était déjà présent avant le début de la crise de l’énergie. En effet, déjà en 2019, l’Hexagone avait frôlé les coupures d'électricité comme l’avait expliqué la CRE. Le jeudi 10 janvier 2019 « la fréquence du système électrique français et européen est passée très en dessous de 50 Hz », un plafond au-dessous duquel peuvent se produire des « coupures importantes ».

Cette situation est davantage due au fait que la France s’appuie trop sur l’énergie nucléaire. En diversifiant son mix énergétique et en accélérant la transition énergétique, la France pourrait davantage se reposer sur diverses sources de production d’électricité et moins se retrouver dans la situation dans laquelle nous sommes actuellement. Le développement des énergies renouvelables permet au réseau d’être plus résilient et moins centralisé. Par exemple, l’installation de panneaux solaires photovoltaïques en toiture permet de rendre les ménages plus autonomes en énergie et d’éviter de soutirer de l’électricité au réseau. 

D’autant plus que développer les énergies vertes permettrait de faire baisser les prix de l’électricité sur le long terme et donc de sortir de la crise de l’énergie. En effet, les prix de production liés aux énergies renouvelables sont de plus en plus compétitifs. Selon le LCOE (une analyse qui évalue les prix de l'énergie : Levelized Cost Of Energy) de la banque Lazard, produire 1 MWh d’électricité photovoltaïque coûtait 37$ en 2020 contre 163$ pour le nucléaire. Pas besoin d’être Nobel d’économie pour se rendre compte que c’est bien plus économique ! 

☀️ L’énergie solaire, c’est donc un levier d’économies. En installant des panneaux solaires pour de l’autoconsommation, on peut réduire la facture d’électricité et engager un pas vers la sortie de crise. Pour savoir combien de panneaux photovoltaïques vous pouvez accueillir, on vous laisse faire un bilan solaire. Prêt-e à consommer votre propre électricité verte ? 😊

Sources

https://www.cnr.fr/espaces/13/indicateurs/88

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/crise-energetique-a-qui-la-russie-livre-t-elle-encore-du-gaz_2181442.html

https://france.representation.ec.europa.eu/informations/leurope-peut-elle-se-passer-du-gaz-russe-2022-10-20_fr

https://www.usinenouvelle.com/article/comment-la-russie-a-organise-la-reduction-des-flux-de-gaz-vers-l-europe-depuis-2021.N2033747 

https://www.francetvinfo.fr/economie/energie/prix-de-l-electricite-et-du-gaz-quatre-questions-sur-le-bouclier-tarifaire-annonce-par-jean-castex_4790995.html  

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/10/15/il-est-fallacieux-de-reprocher-au-marche-la-hausse-actuelle-des-prix-de-l-electricite_6098518_3232.html 

https://lenergeek.com/2019/01/14/electricite-france-europe-black-out/ 

https://www.reuters.com/article/france-energie-r-gulation-idFRKBN2NI2RT 

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