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Comment sensibiliser ses enfants à la transition énergétique ?

« S’il te plaît, dessine-moi une éolienne ! ». Bon ok, il y a peu de probabilité que votre enfant vous demande ça. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a aucun moyen de les sensibiliser à la transition énergétique. Les préparer dès aujourd’hui, c’est en faire des adultes responsables demain. Comment faire ? Quelles activités et à partir de quel âge ? On s’envole au pays merveilleux de la transition ! 

À retenir


Entre 3 et 6 ans

S’ancrer dans le quotidien

Entre trois et six ans, c’est l’âge du « pourquoi » ? L’enfant est curieux et s’intéresse au monde qui l’entoure. C’est sur cette curiosité que vous pouvez capitaliser pour le·la sensibiliser aux enjeux de transition énergétique. Rassurez-vous, pas besoin de grands discours ! 

Sensibiliser, c’est d’abord répondre aux questions de votre enfant. Ça tombe bien, il·elle en a plein. 💚

Pourquoi on éteint la lumière ? Parce que si on la laisse allumée pour rien, elle travaille pour rien. Alors on l’éteint pour la laisser se reposer.

Pourquoi on ferme le robinet ? Parce que l’eau, c’est comme un trésor. Si on la laisse couler pour rien, elle disparaît et on en a moins pour boire, se laver ou arroser les plantes.

Bien sûr, on peut aller un peu plus loin en expliquant avec des parallèles. « La Terre, c’est notre maison et en ce moment, elle est un peu fatiguée. Parce que les humains utilisent beaucoup de choses de la Terre, comme l’eau, les arbres ou l’énergie. À force, ça l’abîme un peu. Alors elle a besoin qu’on l’aide et qu’on prenne soin d’elle. ». Lorsque l’imagination manque, rien de tel que des livres pour vous aider. Justement, c’est l’objet de notre prochain conseil !  😉

Expliquer avec des petits livres

Les livres sont des alliés précieux pour aborder ces sujets en douceur. Rien de tel que les héros et héroïnes pour porter de beaux messages pour devenir écolo. Pour les tout-petits, la littérature est variée. Parmi les livres qui ont retenu notre attention, nous pouvons vous conseiller :

  • « Le loup qui aimait les arbres », de Orianne Lallemand et Eléonore Thuillier, 
  • « Quand je serai grand·e, je serai… gardien·ne des océans», Quentin Caillat, Loriane Montaner et Julien Vidal,
  • « Archibald - Les Choses précieuses », Astrid Desbordes et Pauline Martin.

Évidemment, il y en a plein d’autres. Après l’école ou à l’heure du coucher, profitez d’un moment calme pour raconter l'histoire et échanger avec votre enfant. Attendez-vous à quelques questions au passage. 😊

Bon à savoir

Pas toujours besoin d’un support imagé. Vous pouvez aussi raconter une histoire en cherchant des contes sur internet, comme la légende du colibri ! Quelques mimes et intonations suffisent. On fait confiance à votre créativité.

Créer des rituels autour des économies d’énergie

À cet âge, les habitudes se construisent très vite. L’idée est donc d’installer des petits rituels simples et rassurants, comme pour le sommeil, le retour de la crèche, etc. 

Par exemple, on peut associer certains gestes à des moments précis de la journée. Avant de quitter une pièce, on vérifie systématiquement la lumière. Avant de sortir de la maison, on fait ensemble un “tour de vérification” : lumières éteintes, portes bien fermées, etc. Ça n'est vraiment pas sorcier à mettre en place 🧙. 

Pensez à chaque fois à féliciter et remercier votre enfant. En se sentant valorisé·e, il·elle aura d’autant plus de facilité à adopter ces écogestes.

Aller à l’école à vélo ou à pied

Si possible bien évidemment, privilégier les mobilités douces, c’est aussi une excellente manière de sensibiliser sans discours. Et puis, on ne le dira jamais assez, le vélo ou la marche, c’est bon pour la santé !

Entre 7 ans et 10 ans

Entre 7 et 10 ans, le jeu est un formidable moteur d’apprentissage. Alors autant s’en donner à cœur joie. Il y a 1000 et 1 manière d’aborder la transition écologique à cet âge. C’est parti pour quelques idées !

Proposer des activités manuelles écologiques

Sensibiliser à l’écologie passe d’abord par le fait de manipuler, de tester, de fabriquer. Le DIY permet de rendre très concrètes des notions comme l’énergie, le recyclage ou la consommation de ressources.

En créant eux-mêmes, les enfants comprennent mieux d’où viennent les objets et ce qu’ils impliquent. 

Voici quelques idées simples à mettre en place :

Ce type d’activités permet d’apprendre sans en avoir l’air, et de lier écologie et créativité. C’est aussi un bon moyen d’occuper les week-end et les vacances.

Aborder la question du gaspillage sous forme de jeux

À partir de 7 ans, les enfants sont capables de comprendre que l’énergie ne disparaît pas « comme par magie ». Pour les aider à savoir ce qui consomme de l’électricité, vous pouvez par exemple transformer votre logement en véritable terrain d’enquête. Proposez-leur de recenser tous les appareils électriques présents dans la maison, pièce par pièce. Télévision, micro-ondes, box internet, lampes, chargeurs… tout y passe.

Ensuite, accompagnez-les pour faire une première distinction simple. Certains appareils consomment de l’énergie uniquement quand on les utilise, d’autres continuent d’en consommer même lorsqu’ils semblent éteints, c’est ce qu’on appelle la consommation « fantôme » ou en veille.

Inutile de rentrer dans des chiffres précis, l’important est qu’ils·elles saisissent l’idée que l’énergie peut être gaspillée sans qu’on s’en rende compte.

Pour aller plus loin, vous pouvez leur proposer de créer un carnet de « super détective des économies d’énergie ». Ils·elles y notent leurs observations, les appareils oubliés, les gestes à améliorer. Cela les aide à structurer leur réflexion et à garder une trace de leurs découvertes.

Mettre en place des défis écolo

Le carnet de détective peut être une base pour lancer des défis écolos à la maison. Vous pouvez par exemple les nommer “commissaires à l’énergie” de la maison pendant une semaine et les charger de traquer les gaspillages énergétiques. Ne vous étonnez pas d’être régulièrement rappelé·e à l’ordre 🚓. Eh oui, personne n’est parfait ! 😉

Bon à savoir

Vous pouvez aussi lancer des défis sur le tri sélectif, le gaspillage alimentaire, etc. Vous verrez vos enfants vous ont à l’œil et cela permet à toute la famille de progresser en s’amusant.

Faire des visites pédagogiques

Vous vous souvenez de « C’est pas sorcier » ? La force de l’émission, c’était de vous immerger dans le sujet. Pour la transition énergétique, c’est pareil. 

Les visites de sites de production d’énergie permettent de rendre concret ce qui reste souvent abstrait pour un·e enfant. Une centrale éolienne ou hydraulique impressionne par sa taille et son fonctionnement. 🤔 « Ok, mais comment on fait ? ». C’est bien plus simple que cela en a l’air. Certaines installations ouvrent leurs portes au public, notamment lors des journées du patrimoine, comme la centrale de Bourg-Saint-Maurice. C’est d’ailleurs un producteur qui travaille avec Ekwateur. Il suffit de chercher le plus proche de chez vous ou de votre lieu de vacances, sur le site proposé par France Hydro-Electricité. 

Réaliser une visite, c’est aussi une bonne occasion d’expliquer simplement d’où vient l’électricité du quotidien et d’aborder vos choix en tant que foyer. Vous pouvez par exemple évoquer le fait de privilégier une électricité locale produite à partir du vent, du soleil ou de l’eau, moins polluante que de l’électricité d’origine fossile.

Entre 11 ans et 14 ans

À l’approche de l’adolescence, les enfants ne se contentent plus d’observer, ils·elles veulent comprendre, débattre et parfois même contester. La transition énergétique devient alors un sujet de réflexion sur lequel confronter les points de vue. Quelles activités proposer ? 

Participer à une fresque du climat pour les enfants/ados

La fresque du climat est un très bon outil pour structurer leur compréhension. Et elle se décline pour les plus jeunes. À travers un atelier collaboratif sous forme d’un jeu de cartes, ils·elles découvrent les liens entre les activités humaines, les émissions de gaz à effet de serre et leurs conséquences. 

L’intérêt de cet exercice, c’est qu’il ne donne pas seulement des informations, il aide à organiser les idées. Les ados manipulent des cartes, établissent des liens de cause à effet et construisent une vision d’ensemble.

Bon à savoir

Il est possible de réaliser la fresque du climat à la maison puisqu’il s’agit d’un jeu de cartes à imprimer. Attention toutefois, il vous faut bénéficier d’une formation pour réaliser l’animation dans les règles de l’art.¹

Calculer son empreinte carbone

Quand ils·elles sont plus grand·es, on peut introduire la notion d’empreinte carbone de manière concrète. Calculer la vôtre ensemble, par exemple, via l’outil de l’ADEME, permet de mettre des chiffres sur des habitudes du quotidien.

L’objectif n’est pas de culpabiliser qui que ce soit. Il s’agit de comprendre quels sont les postes les plus émetteurs de gaz à effet de serre au quotidien (alimentation, transport, énergie du logement). 

Cela ouvre ensuite la discussion sur les actions possibles à l’échelle du foyer : 

  • mettre en place un jour sans viande, 
  • limiter le chauffage à 19°C, 
  • choisir des destinations de vacances responsables
  • acheter des vêtements de seconde main, etc. 

C’est l’occasion de les impliquer dans les choix du quotidien. Vous pouvez leur présenter les différentes options, leurs avantages, leurs limites, et leur demander leur avis.

L’enjeu n’est pas qu’ils·elles aient toutes les réponses, mais qu’ils·elles développent leur esprit critique et comprennent que ces choix ont un impact réel. C’est en les impliquant dans ces discussions qu’ils·elles deviennent progressivement responsables. 

Regarder des documentaires et/ou des films

Enfin, comme les livres, les documentaires et films sont de bons supports pour nourrir la réflexion, à condition de prendre le temps d’échanger ensuite. La liste de bons films est longue. Si vous ne savez pas par où commencer, chez Ekwateur, on vous a concocté une chouette liste : .

  • Bigger Than Us de Flore Vasseur
  • Home, de Yann Arthus-Bertrand
  • Demain, de Cyril Dion
  • Okja de Bong Joon-ho
  • Wall-E de Andrew Stanton
  • Princesse Mononoké de Hayao Miyazaki

L’essentiel reste le moment de discussion après le visionnage. Qu’ont-ils·elles compris ? Qu’est-ce qui les a marqué·es ? Sont-ils·elles d’accord avec ce qu’ils·elles ont vu ? Pourquoi pas faire une soirée débat à table le mercredi, par exemple.

💡Les ados de moins de 13 ans ne sont pas censés être sur les réseaux sociaux. Cependant, on le sait bien, de façon directe ou indirecte, ils·elles y seront confronté·es. Mieux en avoir conscience et les accompagner plutôt que de fermer les yeux. Surtout quand « 20 % des vidéos que partagent les jeunes sur TikTok à propos de l’actualité contiennent des contre-vérités »².

Mieux vaut prévenir que guérir. Apprenez-leur à vérifier les sources, croiser les informations et repérer les contenus sensationnalistes. Des associations de journalistes comme Lumière sur l’Info peuvent vous y aider. Pour aller plus loin que la maison, vous pouvez en parler au collège et organiser avec le corps enseignant, une intervention en milieu scolaire. À l’adolescence, la parole d’un·e journaliste peut avoir plus de poids que celle des parents ou même des professeurs !

Voilà, on espère que cet article vous a plu. Et si vous aimez faire des activités avec vos enfants, on vous a préparé un menu batch cooking facile à faire. De quoi les sensibiliser à manger bio, local et de saison, tout au long de l’année.

Sources
  1.  https://www.outilsoxfam.be/produits/357
  2. https://www.radioclassique.fr/societe/complotisme-1-jeune-sur-6-pense-que-la-terre-est-plate-les-scientifiques-contre-attaquent-sur-les-reseaux-sociaux/

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