
Empreinte carbone par personne : quelle est-elle ?
Entre la personne française moyenne, la voisine végane sans voiture et le·la trublion·ne de télé-réalité fan de SUV qui fait des allers-retours à Dubaï, l’empreinte carbone par habitant·e n’a rien d’uniforme. Mais concrètement, où en est-on en France ? Quelle est l’évolution de ces émissions et comment se situe-t-on face à nos voisins·es européens·nes et aux objectifs climatiques ?
Autant le dire franchement : on est encore loin du compte. La bonne nouvelle ? Ça veut dire qu’il y a une sacrée marge de progression.
🚀 En piste pour traquer l’empreinte carbone par personne.
30 août 2025 à 12:00
Lecture 8 mn
Ce qu'il faut retenir
En France, l’empreinte carbone moyenne s’élève à environ 9,4 tonnes de CO₂e par personne et par an, alors que l’objectif est de descendre à 2 tonnes d’ici 2050.
Transports, alimentation et logement concentrent à eux seuls près de 70 % de l’empreinte carbone d’un·e Français·e.
Les inégalités sont fortes : un ménage aisé émet presque deux fois plus qu’un ménage modeste, principalement à cause des voyages en avion et de la multiplication des voitures.
La tendance est à la baisse depuis les années 2000, mais le rythme reste trop lent. La prochaine Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC-3) fixe un objectif de réduction d’environ –5 % par an d’ici 2030.
Qu’est-ce que l’empreinte carbone ?
L’empreinte carbone, c’est un peu comme l’addition climatique de notre mode de vie. Elle mesure l’ensemble des gaz à effet de serre (exprimés en tonnes de CO₂ équivalent) générés chaque année pour satisfaire notre consommation de biens et de services¹.
Contrairement aux inventaires nationaux qui comptent uniquement ce qui est émis physiquement en France, l’empreinte carbone va plus loin : elle intègre aussi les émissions “cachées” à l’étranger, celles liées à la production et au transport des biens que nous importons².
À l’inverse, si un produit est fabriqué en France mais exporté ailleurs, ses émissions ne sont pas comptées dans notre empreinte².
En clair : acheter un smartphone assemblé en Asie ou un jean cousu à l’autre bout du monde, ça pèse dans l’empreinte carbone d’un·e Français·e (extraction des matières, fabrication, transport compris²).
⚠️ Attention : “par personne” ne veut pas dire que l’on a 100 % la main dessus. Une part de notre empreinte dépend de choix collectifs : infrastructures de transport, sources d’énergie disponibles, organisation industrielle, etc. Autrement dit, l’empreinte carbone ne reflète pas seulement nos gestes du quotidien, mais aussi des décisions publiques et privées qui orientent toute la consommation³.
C’est donc un super indicateur pour se situer, mais surtout un outil pour guider l’action collective et repenser les politiques publiques.
Comment est calculée l’empreinte carbone ?
L’empreinte carbone, ce n’est pas un chiffre sorti d’un chapeau : c’est le résultat d’un calcul rigoureux qui additionne toutes les émissions liées à notre consommation. Voici les grands critères pris en compte :
Poste de consommation | Ce qui est compté | Exemples concrets |
---|---|---|
Alimentation 🥦 | Émissions liées à la production, transformation, transport et consommation de nos aliments | Viande (méthane des ruminants, engrais), fruits/légumes importés, produits transformés |
Logement 🏠 | Énergie utilisée pour se chauffer, refroidir, éclairer + construction et entretien du logement | Chauffage au fioul/gaz vs électricité, isolation, matériaux de construction |
Transports 🚗✈️ | Carburants consommés et fabrication des véhicules | Voiture individuelle, avion, train, bus |
Biens et services 📱🛒 | Émissions liées à la production, au transport et à la fin de vie des biens et services achetés | Smartphone, électroménager, vêtements, mobilier |
Services publics 🏥🏫 | Part de l’empreinte liée aux infrastructures collectives | Santé, éducation, administration, sécurité |
Autres postes 🎮♻️ | Tout ce qui ne rentre pas dans les grandes cases | Loisirs, numérique, déchets… |
L’empreinte carbone moyenne des Français : où en est-on ?
En 2023, l’empreinte carbone moyenne d’un·e Français·e tourne autour de 9,4 tonnes de CO₂e par an². Et c’est… beaucoup trop.
L’objectif pour rester dans les clous de l’Accord de Paris ? Descendre à 2 tonnes par personne d’ici 2050. Autrement dit, on doit diviser notre empreinte par 4 ou 5 en moins de trente ans.
La bonne nouvelle, c’est que la courbe descend. Lentement, mais sûrement. Depuis les années 2000, l’empreinte baisse doucement, avec un coup d’accélérateur temporaire pendant la Covid (merci les confinements sans avion ni voiture). Depuis 1995, l’empreinte carbone par habitant·e en France a diminué d’environ 19 % (de 11,3 à 9,2 tonnes)⁴.
Les émissions réduites en France ont, toutefois, été en partie compensées par celles liées à nos importations. Résultat : aujourd’hui, plus de la moitié de notre empreinte carbone provient de l’étranger4. Smartphones, textiles, produits manufacturés…, chaque achat emporte avec lui les émissions générées ailleurs pour être produit et transporté jusqu’à nous. Cela explique que l’empreinte carbone par habitant·e (environ 9,4 t CO₂e) soit bien plus élevée que les seules émissions territoriales (environ 6,4 t CO₂e par habitant en 2023)².
Finalement,un·e Français·e moyen·ne émet encore 9 à 10 tonnes de CO₂e par an. C’est en baisse, mais ça reste très loin des 2 tonnes visées pour 2050⁵. Bref, le chemin est encore long. 🚶♂️🌍
De quoi se compose l’empreinte carbone d’un·e Français·e ?
Les fameuses 9 tonnes de CO₂e par an et par personne ne tombent pas du ciel. Ils se répartissent dans nos gestes du quotidien, et trois domaines dominent largement le classement :
🚗 Les transports : environ 2,3 tonnes, soit un bon cinquième du total¹⁰. La voiture individuelle reste la reine de nos émissions quotidiennes, suivie de près par l’avion, champion toutes catégories des kilomètres “carbone” avalés en quelques heures.
🥩 L’alimentation : environ 2 tonnes¹¹, soit près d’un quart du total. C’est simple : notre assiette pèse lourd, surtout à cause de la viande (et particulièrement le bœuf). Entre le méthane émis par les ruminants (pour le dire simplement, lorsqu’ils rotent et pètent), les engrais qui émettent du protoxyde d’azote, le transport et la transformation… on a tous un petit steak dans notre empreinte.
🏠 Le logement : autour de 1,7 tonne, là encore un petit quart du total. Le chauffage est le principal coupable¹⁰ : fioul et gaz fossile explosent le compteur, quand l’électricité et les renouvelables s’en sortent mieux. Bonne nouvelle : isolation et pompes à chaleur permettent de tailler dans ce poste sans perdre en confort.
Ces trois postes à eux seuls représentent près de 70 % de l’empreinte d’un·e Français·e moyen·ne³. Le reste se partage entre :
- les services publics (santé, éducation, administration…), qu’on utilise tous·tes sans pouvoir vraiment agir dessus,
- les biens de consommation (équipements, vêtements, électroménager, numérique…),
- et quelques miettes d’autres postes (loisirs, déchets, etc.).
Moralité : se nourrir, se loger et se déplacer, c’est déjà la majeure partie du problème… et donc aussi la majeure partie de la solution ! 😉
Bon à savoir
Vous pouvez calculer votre empreinte carbone personnelle en quelques minutes grâce au simulateur officiel de l’ADEME : gratuit, simple et fiable, il permet aussi de comparer vos résultats avec l’objectif de 2 t CO₂e/an d’ici 2050.
Des disparités importantes au sein de la population française
Dire que chaque Français·e émet 9 à 10 tonnes de CO₂e par an, c’est comme dire que tout le monde mange en moyenne une demi-baguette par jour : ça ne reflète pas la réalité de chacun·e. L’empreinte carbone varie énormément selon le revenu, le mode de vie et le lieu où l’on habite.
🤑 Le revenu, grand facteur d’écart. D’après l’ADEME et le Citepa, une personne très modeste (moins de 750 € par mois) tourne autour de 7 tonnes/an, tandis qu’un·e privilégié·e dans un ménage au-dessus de 6 500 € grimpe à 12 tonnes⁸. L’explication est simple : plus on a de moyens, plus on multiplie les voyages en avion, les grosses voitures et les postes énergivores. Bref, les riches pèsent presque deux fois plus lourd dans la balance carbone.
🏡 La composition du foyer compte aussi. Une personne seule, c’est un appart à chauffer, un frigo, une machine à laver… pour une seule tête. Résultat : une empreinte par individu plus élevée qu’en ménage⁹.
🚉 Et bien sûr, le lieu de vie⁸. Vivre en appartement chauffé à l’électricité avec métro à deux pas, ce n’est pas la même empreinte qu’une maison mal isolée à la campagne avec deux diesels pour se déplacer, faute de transports en commun facilement accessibles.
Il n’existe donc pas d’empreinte carbone “type” en France. Elle est le reflet de nos moyens, de nos choix et de nos habitudes. D’où l’importance d’une transition qui soit à la fois ciblée (sur les modes de vie les plus émetteurs) et solidaire (pour ne laisser personne sur le carreau).
Quand la transition devient une question d’équité
Ces différences expliquent aussi pourquoi certaines mesures climatiques sont vécues comme injustes. Prenons les Zones à faibles émissions (ZFE) : sur le papier, elles visent à réduire la pollution urbaine. Dans les faits, elles touchent plus durement les ménages modestes, qui roulent souvent avec des véhicules plus anciens, faute de moyens pour les changer.
Résultat : on se retrouve avec une mesure bonne pour la planète, mais perçue comme discriminatoire économiquement. D’où les polémiques récentes : pour que la transition soit acceptée, elle doit être juste, c’est-à-dire accompagner les plus vulnérables et cibler davantage les modes de vie les plus émetteurs (par exemple les voyages aériens fréquents des ménages aisés).
En clair : l’empreinte carbone n’est pas qu’une affaire de climat, c’est aussi une affaire de justice sociale.
Comment réduire son empreinte carbone ?
Avec environ 9 à 10 tonnes de CO₂e par personne, on est encore loin de l’objectif des 2 tonnes. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des leviers efficaces et simples pour alléger l’addition carbone, certains très concrets, d’autres plus inattendus¹².
🚲 La mobilité. On le sait, la voiture et l’avion pèsent lourd. Passer au vélo, aux transports en commun, au covoiturage ou simplement marcher dès que possible permet déjà de réduire la note. Et pour les trajets plus longs, limiter l’avion aux cas indispensables et opter pour le train par exemple est un vrai plus. Côté voiture, un modèle plus sobre (électrique ou faible conso) fera la différence.
🥦 L’assiette. L’alimentation est un énorme poste carbone, surtout à cause de la viande rouge. En réduisant sa consommation et en donnant plus de place aux protéines végétales, on allège sérieusement son empreinte. On peut aussi privilégier les produits locaux et de saison et éviter le gaspillage.
🏠 Le logement. Un toit mal isolé, c’est une passoire à énergie et à CO₂. Isolation des murs et des combles, remplacement d’une vieille chaudière au fioul par une pompe à chaleur, appareils moins gourmands…, tout cela réduit à la fois la facture énergétique et l’empreinte carbone.
🛍️ La consommation. Chaque objet neuf (surtout électronique) a une empreinte cachée liée à sa fabrication. Réparer, acheter d’occasion, louer ou partager certains équipements, c’est autant d’émissions évitées. Et même le pot de fleurs a son rôle à jouer : avec une jardinière de balcon bas-carbone, on peut réduire son impact en jardinant malin.
📱 La high-tech. Acheter le dernier smartphone parce qu’Apple a déplacé un bouton de 5 mm ou ajouté une nouvelle couleur “révolutionnaire”, ce n’est pas changer le monde…, c’est juste gonfler son empreinte carbone pour un coup de com’ bien huilé. Le vrai geste disruptif ? Réparer son appareil et le garder quelques années de plus. Là, oui, c’est une petite révolution (et sans keynote).
♻️ Les petits gestes. Trier ses déchets, limiter les emballages, acheter en vrac, choisir des produits écolabellisés… Individuellement ça peut sembler modeste, mais à l’échelle de millions de foyers, ça change vraiment la donne.
Et non, “faire moins d’enfants” ne fait pas partie des actions les plus efficaces pour réduire son empreinte carbone. Si nous étions 8 milliards d’êtres humains et que nous émettions moins de 2T de CO₂e par an, la situation ne serait pas aussi catastrophique. Ce sont nos modes de vie et de consommation qu’il faut remettre en question.
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Comparaisons internationales : la France face au monde
L’empreinte carbone de la France est d’environ 9 tonnes par habitant, alors que les émissions produites uniquement sur le territoire sont plus proches de 5 tonnes, dans la moyenne haute des pays développés.
- Les États-Unis atteignent environ 14–15 t par personne de CO₂ (énergie uniquement), soit au moins deux fois plus que la France¹³. Il monte entre 18 et 19 t par personne au total.
- Certains pays pétroliers du Golfe dépassent les 30 t par habitant·e, Qatar en tête.
- À l’opposé, l’Inde se situe autour de 2 t¹³, et plusieurs pays d’Afrique subsaharienne sont souvent en dessous de 1 t⁸.
La moyenne mondiale pour les émissions territoriales de CO₂ est d’environ 4–5 t par personne, soit encore bien trop comparé à l’objectif de 2 t/an¹³.
Colonialité du carbone : de quoi parle-t-on ?
Les pays riches importent une part significative des émissions via les biens qu’ils consomment : une fois comptées “côté consommation”, leurs émissions dépassent souvent le territorial. C’est précisément ce que mesure l’OCDE avec les émissions de CO₂ incorporées au commerce et à la demande finale intérieure¹⁶.
Cette asymétrie est analysée par la littérature comme une forme d’échange écologique inégal : les bénéfices de la consommation sont captés au Nord, tandis qu’une partie des coûts environnementaux (émissions, pressions sur les ressources) est supportée par les régions exportatrices¹⁷.
Concrètement, des études soulignent que certains dispositifs, comme des marchés carbone mal conçus, peuvent reproduire des dynamiques coloniales, notamment au détriment des peuples autochtones¹⁸.
On ne délocalise donc pas que les usines, on délocalise aussi l’empreinte, d’où l’intérêt de suivre les comptes “empreinte” (consommation) en plus du territorial, pour des politiques climatiques justes et efficaces.
On n’a pas tous·tes la même ardoise carbone, mais on partage la même planète. Alors au boulot (de notre côté de l'hémisphère surtout).🌍
L’empreinte carbone par personne, c’est un peu notre thermomètre climatique. Et pour l’instant, il affiche encore une bonne fièvre : environ 9 tonnes par an, quand l’objectif est de descendre à 2 tonnes d’ici 2050. Autrement dit, on a déjà commencé à marcher, mais le marathon vers la neutralité carbone est loin d’être gagné¹⁹.
La bonne nouvelle ? Plus on avance, plus les bénéfices se cumulent : air plus respirable, logements mieux isolés, factures énergétiques plus légères, transports plus actifs et agréables. Réduire notre empreinte, c’est protéger l’environnement et le vivant, et aussi améliorer notre quotidien.
Le défi est collectif : individus, collectivités, entreprises et État doivent agir ensemble. Car si chaque geste individuel compte, c’est l’addition de tous·tes — et les choix structurants — qui feront la différence.
On a encore du chemin avant les 2 tonnes par habitant·e compatibles avec un climat vivable. Chaque pas compte pour léguer aux générations futures un monde où il fait encore bon respirer… et vivre.
- https://agirpourlatransition.ademe.fr/particuliers/conso/conso-responsable/connaissez-vous-votre-empreinte-climat#:~:text=L%E2%80%99empreinte%20carbone%20est%20un%20indicateur,%C3%A0%20ces%20activit%C3%A9s%20et%20produits
- https://www.notre-environnement.gouv.fr/actualites/breves/article/en-2023-l-empreinte-carbone-et-les-emissions-de-ges-de-la-france-diminuent#:~:text=L%E2%80%99empreinte%20carbone%20est%20une%20estimation,satisfaire%20la%20consommation%20des%20Fran%C3%A7ais
- https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/empreinte-carbone-2
- https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/lempreinte-carbone-de-la-france-de-1995-2022#:~:text=Par%20rapport%20%C3%A0%201995%2C%20l%E2%80%99empreinte,d%C3%A9croissance%20sur%20la%20derni%C3%A8re%20d%C3%A9cennie
- https://www.hautconseilclimat.fr/wp-content/uploads/2020/10/hcc_rapport_maitriser-lempreinte-carbone-de-la-france-1.pdf
- https://www.citepa.org/le-rapport-secten-edition-2025-vient-detre-publie/
- https://concertation-strategie-energie-climat.gouv.fr/sites/default/files/2024-11/20241
- https://www.ademe.fr/presse/communique-national/repartition-de-lempreinte-carbone-des-francais/#:~:text=2,les%20plus%20%C3%A9lev%C3%A9s%20creusent%20l%
- https://www.ademe.fr/presse/communique-national/repartition-de-lempreinte-carbone-des-francais/#:~:text=2,les%20plus%20%C3%A9lev%C3%A9s%20creusent%20l%E2%80%99%C3%A9cart
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- https://www.insee.fr/fr/statistiques/7728883?sommaire=7728903
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- https://ourworldindata.org/grapher/co-emissions-per-capita
- https://ourworldindata.org/grapher/consumption-co2-per-capita
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- https://www.oecd.org/en/publications/co2-emissions-embodied-in-international-trade-and-domestic-final-demand_8f2963b8-en.html
- https://research.wu.ac.at/ws/portalfiles/portal/20771285/Dorninger%20et%20al%202021_accepted%20manuscript.pdf
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